Alors que tout le monde pensait que sa dernière heure était venue, tandis qu’il avait déjà eu les honneurs de deux périodes plus ou moins glorieuses, le fabuleux sous-genre horrifique que représente le Slasher s’apprête à connaître un incroyable revival qui va véritablement prendre un sens dès ce mois-ci avec les sorties simultanées de quelques titres 90’s en Blu-ray et du remake du
Bal de l'Horreur sur grand écran. L’occasion pour nous de nous pencher un peu plus sur la petite histoire de quelques films qui connurent un soutien sans faille du public et ce malgré la gratuité de son propos; cette première partie étant consacrée à son âge d’or.
Basant sa seule originalité sur le fait qu’il consiste à une série de meurtres violents, gratuits et généralement à l’arme blanche, le Slasher n’est pas un produit apparu comme une fleur sanglante au carrefour des 70’s et des 80’s. Bien au contraire, il correspond à une réponse opportuniste à la soif d’hémoglobine du public qui se faisait vraiment sentir. Pourtant, on trouve ses origines, déjà plusieurs années plus tôt, dans quelques classiques plus sobres mais qui portaient en eux les prémisses de ce qui allait devenir un genre culte. Ainsi, les premiers vrais monuments de bravoure qui contiennent quelques éléments à proprement parler du Slasher sont sans aucun doute
Psychose et
Le Voyeur. Tous deux réalisés en 1960, leur paternité est évidente tant ils offrent une alternative au film policier de l’époque, le film d'Hitchcock construisant son intrigue autour d’une seule et unique scène de meurtre, mythique, percutante et sans concession -nommée Slashing dans le script - tandis que celui de Michael Powell s’emploie à conter les aventures morbides d’un photographe passionné par les clichés de fin de vie...
Deux œuvres fortes, déroutantes mais surtout prises d’une puissance affolante dans son approche de la mise à mort: Psycho et Peeping Tom se posent là comme amorces d’une future mouvance. Et s’il faudra près de trente années pour que la notion de Slasher s’officialise, un autre genre aura fait son apparition entre temps: le Giallo. Réalisés par un Mario Bava encore inconscient d’ouvrir les portes que tant d’autres tels Argento, Fulci (dans certains cas) ou Soavi emprunteront par la suite,
La fille qui en savait trop et
Six femmes pour l’assassin marquent la naissance du premier des fils bâtards des deux œuvres cultes de 1960. Inspirés par des romans de gare, écrits policiers et passablement violents, les adaptations s’obstineront à vouloir mettre en scène des meurtres tous plus graphiques les uns des autres, toujours un peu plus originaux et démonstratifs. Ce genre, bien différent de celui qui nous intéresse aujourd’hui, connaît quelques points communs avec celui-ci, dû à leurs ancêtres communs : des meurtres puissants, un assassin anonyme et mystérieux jusqu’au bout de l’intrigue, une mise à l’honneur des actes de perversité... Bava, non content d’être initiateur d’un genre, se fera aussi le prophète d’un second puisqu’en éclipsant peu à peu la dimension policière de sa
Baie Sanglante en 1971 pour se consacrer un peu plus à la dimension horrifique de son œuvre, annoncera ce qui sera quelques années plus tard le genre de prédilection de la jeunesse américaine du début des 80’s.