Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 11 août 2008 à 04h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 17h13 - 0 commentaire(s)
Avec le retour de Jiang Wen derrière la caméra, c’est tout un pan de l’histoire récente de la Chine qui se dévoile. En effet, chaque seconde du Soleil se lève aussi est traversée, presque hantée par les fantômes de deux des périodes les plus douloureusement marquantes pour l’Empire du milieu : le Grand Bond en Avant et la Révolution culturelle. Mais plus encore que ces périodes, s’esquisse en creux le portrait d’une domination, celle de Mao sur l’Etat né en 1949 du combat contre les nationalistes de Tchang Kaï-Chek.



« Les gens ne parlent que de l'aspect politique de cette période, mais ils oublient que la politique à l'époque était une sorte de mode, et même une marque. Une mode qui efface tout le reste, le plaisir, le jeu, la jeunesse, le sexe, la nature. Toutes les choses qui les ont forcément marqués aussi. En réalité, les représentations exclusivement politiques de cette période ne convainquent personne en Chine. Même avec toutes les erreurs passées, le public chinois ne trouve pas que ces films soient réalistes. Mon premier film a eu un vrai succès, parce que je parlais de la vie réelle de l'époque. Beaucoup de films sur cette période ressemblent à des récits de mouvements politiques. Si la vie réelle avait été ainsi, comment les gens y auraient-ils survécu ? » Jiang Wen à propos de la dimension politique de son film



Entremêlant plusieurs histoires à des époques très marquées – les années 1978 et 1956 -, l’auteur des Démons à ma porte installe sa narration et ses personnages dans un contexte qu’il se refuse à traiter directement. Pour éviter les fourches caudines de la censure certainement, mais plus encore pour délester son propos d’une charge politique susceptible de trop peser sur le scénario baroque et grandiose de cet immense métrage. L’occasion nous est donc donné de mettre en perspective ces deux moments essentiels de l’histoire chinoise contemporaine.


Vos réactions


logAudience