« Les films que j’ai choisis sont vraiment des films qui m’ont marqué. Ils datent des années 1960-70. Ils correspondent au moment où j’ai vraiment appris à aimer le cinéma et à vouloir en faire mon métier. Après, ce sont aussi des films formidables qui ont eu d’autant plus de résonance en moi que j’étais très jeune. Ainsi, en dressant ma liste des dix films que je préfère, je m’aperçois qu’il y a Melville, Le Mépris, en somme des films plutôt anciens. C'est-à-dire des films que j’ai découverts jeune, souvent en VHS ou à la télévision parce que j’habitais à la campagne. Je pense notamment à quelques films comme le Parrain qui m’ont coupé le souffle.
Le Parrain par exemple, c’est une vraie claque. Je pourrais le revoir cinquante fois. J’aime les deux premiers et peine à les dissocier. Le deux est plus fort d’un point de vue cinématographique, il y a une plus grande créativité. Mais en même temps, vis-à-vis du premier, j’ai une vraie tendresse. C’est presque comme un souvenir de famille. Le trois n’atteint pas le même niveau mais lorsqu’on le voit, le premier et le deuxième volet vont avec. Et puis comme j’aime beaucoup la trilogie, je m’étais intéressé il y a déjà quelque temps à la manière que Coppola avait eu de travailler ce troisième film. Il avait des problèmes avec le studio, une pression de folie et moins de moyens. De fait, on a l’impression qu’il a fait le film trop vite et cela, on le ressent à un moment donné. Il a été trop vite écrit, trop vite tourné parce qu’il fallait le sortir avec Noël, la campagne de promotion ayant déjà été lancée. Cette logique de grand studio, je trouve cela dommage et le film est fort en même temps. Que l’on repense au cri du père après l’assassinat de sa fille ou à la propre mort du parrain quand il tombe de sa chaise. Cela me bouleverse certes, mais cela fonctionne parce qu’il y a Le Parrain et Le Parrain 2 avant. » Jérôme SalleDécouvrez le Top 10 des films préférés du réalisateur de Largo Winch - le film dans les pages suivantes...