3. LES ACTEURS (2000)Oeuvre proprement surréaliste, Les acteurs de Bertrand Blier réunit tout le gratin du cinéma français (Piccoli, Belmondo, Delon, Balasko, Arditi... et encore une bonne vingtaine) pour une lourde réfléxion sur le métier de comédien. Au gré de rencontres fortuites ou organisées, Serrault croise Dupontel et Dussolier se ballade avec Marielle. Les dialogues, à la hauteur du cinéaste, sont cependant plombés par un trop plein de séquences proprement iréelles donnant à l’oeuvre une dimension philosophique pesante. C’est à la fois audacieux et facile, profond et superficiel, explosif et vain... Bref on entre dans le subconscient du comédien, la chair de l’acteur, tout en restant dans l’expectative d’une consistance qui peut-être n’existe proprement pas chez le comédien. Lorsqu’on a plus rien à demander à un acteur, on lui dit de faire l’acteur. Est-ce aussi fascinant que sur le papier ? Pas sur ! Mais le résultat intrigue... A petite dose !
2. GROSSE FATIGUE (1994)Ecrit par Bertrand Blier et fortement inspiré du travail de Woody Allen sur la question du personnage de fiction et les angoisses du créateur, Grosse Fatigue est une oeuvre de Michel Blanc avec Michel Blanc, sur Michel Blanc... Rien de bien excitant si on n’y avait pas ajouté une sombre histoire de sosie venant parasiter le microcosme du comédien. L’art de l’auto-dérision est à son paroxysme et tandis que toute la troupe d’acteurs se plaît à s’auto incarner, on assiste à une véritable peinture du star système français, cruelle et mordante. Une fois de plus, le comédien semble peu à l’aise avec son statut de figure publique, victime des paparazzis et du comportement d’autrui vis à vis de sa personne. La mise en abime est à la fois angoissante et véritablement hilarante notamment lors de certaines scènes de retrouvailles avec l’équipe du Splendid... Malgré tout, on sent chez le comédien une véritable lassitude à constamment jouer un rôle et à ne plus savoir quoi faire des notions de réalité et fiction. Michel Blanc est-il Michel Blanc ? Un acteur serait-il en train d’incarner un autre acteur ? ‘Sont complexes ces gens du cinéma...

1. DANS LA PEAU DE JOHN MALKOVICH (1994)Dans le genre ultra égo-centrique, à la limite de l’obsessionnel et dans un registre particulièrement indéfinissable, le film de Spike Jonze est une plongée vertigineuse dans la tête et le corps du comédien américain John Malkovich... Sans être une véritable réflexion sur le métier de comédien, le film se paye le luxe d’emprunter la vision subjective la plus glamour qui soit : celle d’un acteur de cinéma ! Bon, c’est vrai, au final ce n’est pas si excitant que ça, mais le film, quant à lui, est un véritable tour de force construit sur un scénario incroyablement ingénieux ou les petites portes s’ouvrent sur le subconscient de l’esprit créatif ! On s’y perd de temps en temps mais on reste admiratif devant la maîtrise et les ambitions d’un cinéaste qui offre à John Malkovich la chance de jouer dans un film portant son nom. D’habitude, les grands comédiens doivent attendre leur mort avant de pouvoir espérer un jour un film en leur honneur... Malkovich est à ce jour un des grands noms du cinéma, grâce, notamment à cette oeuvre incroyable. Si on ne reconnaît pas ici le travail du comédien...