Par Fredou31 - publié le 15 juin 2005 à 04h05 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h29 - 0 commentaire(s)
Aujourd'hui, le top 20 de Freudo31, qui recèle de films et de réalisateurs cultes, le tout exposé accompagné de solides argumentations. Du beau travail. Continuez à nous envoyer vos TOP 20 commentés par mail à laurent.tity@dvdrama.com en précisant sous quel nom ou surnom vous voulez être publiés.



20. ROMAN D'UN TRICHEUR de Sacha Guitry (1936)
Brillante adaptation de son propre livre "Mémoires d'un tricheur", ce film, composé comme un film muet (aucun dialogue, la voix-off de Guitry en permanence) est une comédie visuelle pleine de trouvailles techniques, très prenante et drôle. Guitry raconte la vie et les arnaques d’un arnaqueur (à l’époque, on disait "tricheur" !). Un film précurseur puisque c’est un des premiers à utiliser des flash-backs et une voix-off (reprise depuis avec bonheur, notamment par Scorcese dans nombre de ses films). Mais surtout, c’est un plaisir de tous les instants, plaisir qu’on retrouvera dans la plupart des films avec arnaque qui, consciemment ou non, ont puisé l’inspiration dans ce joyau ("L’arnaque", "La prisonnière espagnole" et autres films de Mamet, "Les associés" de Ridley Scott,…).

19. QUAND LA PANTHERE ROSE S'EMMELE de Blake Edwards (1976)
Je suis d’accord avec Kubrick quand il disait que Peter Sellers était le plus grand acteur de tous les temps. Dans ce film, le meilleur de la série, l’inspecteur Clouseau est pourchassé par tous les services secrets de la planète car il constitue une menace pour la sécurité et la paix mondiale. Le voir déjouer tous les plans, séduire une espionne russe, batailler avec son valet nippon (Kato), enquêter dans un manoir écossais avec son flair légendaire, etc (le tout involontairement, bien évidemment) est proprement hilarant, unique, brillant. Blake Edwards est un génie de la comédie, très visuel lui aussi (c’est bien à ça que sert le cinéma, non ?). On peut lui préférer The party du même Blake Edwards et toujours avec Peter Sellers, mais pour ma part, même si j’adore The party, c’est un film quasi-muet avec des gags un peu répétitifs à mon goût, alors que Quand la Panthère Rose s’emmêle est constamment inventif (une idée par plan). Bref, inoubliable de drôlerie. Vive la comédie !



18. UN ELEPHANT CA TROMPE ENORMEMENT (1976) et NOUS IRONS TOUS AU PARADIS d’Yves Robert (1977)
J’ai toujours pensé que ces deux films étaient sous-estimés depuis leur sortie en salles. Leur récente sortie en DVD semble les réhabiliter, ainsi que les régulières diffusions TV qui font de grosses audiences. Ce sont deux comédies douces-amères très bien réalisées, excellemment interprétées (Bedos et Brasseur y ont trouvé leurs meilleurs rôles à mon avis), très inventives également grâce également au scénario et aux dialogues exceptionnels de Jean-Loup Dabadie ; Rochefort en imperméable "Clouseau" y est savoureux, tout comme sa voix-off inimitable et très drôle. J’ai une petite préférence pour le second film, moins centré sur Rochefort, plus émouvant et tout aussi drôle que le premier. Un signe qui ne trompe pas : on peut les voir 10 fois sans se lasser, ce qui explique leur présence dans ce top 20.

17. L’IMPASSE de Brian De Palma (1993)
J’adore tout ce que fait De Palma car même dans ses pires films (il en a hélas tourné des mauvais !), on peut toujours trouver des scènes d’anthologie dont il a le secret. C’est le réalisateur le plus visuel que je connaisse. À la manière d’un Tarantino (mais bien avant lui), il s’inspire de tous les cinémas (avec une préférence évidente pour le maître Hitchcock), en saisit l’essence même et restitue des moments d’anthologie. Parmi une filmographie inégale, certains de ses films resteront dans l’histoire (Phantom of the paradise, Obsession, Blow out, Body double, Scarface, Les incorruptibles, Mission impossible,…) bien qu’on dénombre ici quelques remakes de films fameux (ou de séries TV !) dans cette liste. Ma préférence va à ce Carlito’s way qui est peut-être le plus “personnel” de ses films car ce n’est pas un remake : Al Pacino y est parfait comme souvent, Sean Penn déjanté est incroyable, l’histoire est riche, le suspens est étourdissant, la séquence finale dans le métro est une des meilleures séquences de l’histoire du cinéma. J’ai rarement senti battre mon cœur aussi fort en regardant un film tant le suspense final y est insoutenable. J’envie ceux qui ont la chance de ne jamais l’avoir vu, ils s’offriront une montée d’adrénaline unique en visionnant ce film !



16. TO BE OR NOT TO BE d’Ernst Lubitsch (1942)
L’action se passe durant la Seconde Guerre mondiale et est traitée sur le ton de la comédie. Une troupe de théâtre polonaise répète laborieusement une pièce mettant en scène Hitler, alors que les troupes allemandes envahissent la Pologne. Le théâtre et ses acteurs se retrouvent au centre d’une intrigue rocambolesque qui fait intervenir la résistance polonaise à l'occupant allemand. Profitant des costumes de SS et d’un sosie d’Hitler, les acteurs vont essayer d’abuser la gestapo et de faire libérer un aviateur anglais. Comédie de propagande destinée à remonter le moral des troupes américaines et européennes en guerre, ce film ridiculise les nazis avec beaucoup de style, de classe et, surtout, d’humour ! Lubitsch emploie à cet effet une dérision comique époustouflante pour l’époque, multipliant les scènes à double sens. Aujourd’hui le film n’a pas pris une ride et jamais la gravité du propos pour l’époque ne nuit au plaisir de savourer l’intelligence des situations et l’acuité des dialogues ("Je suis mondialement connu en Hongrie !"). L’enchaînement des quiproquos atteint une perfection jamais retrouvée depuis dans aucun film, faisant de To be or not to be un véritable chef d’œuvre absolu dans son genre et un film culte par le fait que l’on peut le voir et le revoir sans jamais s'en lasser.


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