Par Locktal - publié le 25 novembre 2005 à 05h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h39 - 0 commentaire(s)
Un Top 20 composé en grande partie de films "anciens" pour Locktal. Vous aussi, rédigez votre Top 20 et envoyez le à laurent.tity@dvdrama.com.

Il est extrêmement difficile de faire un top 20 de ses films préférés et j’ai eu beaucoup de mal à choisir seulement 20 long-métrages pour cette liste. Ainsi de nombreux films que j’adore n’ont pu y être inclus.
Par ailleurs, j’ai décidé de ne choisir qu’un seul film par metteur en scène, même si la plupart de ces cinéastes a réalisé plusieurs œuvres marquantes.
L’ordre des 20 films cités est totalement subjectif et donc interchangeable, le 1er de ma liste ayant pour moi quasiment la même valeur que le 20ème.
Ces 20 films sont parmi ceux qui me touchent actuellement le plus et que je ne me lasse pas de revoir. J’aurai tout aussi bien pu citer d’autres metteurs en scène que j’admire, comme Scorsese, Coppola, De Palma, Ford, Hawks, Walsh, Cukor, Edwards, Lubitsch, Oliveira, Monteiro, Cronenberg, Egoyan, Fassbinder, Herzog, Buñuel, Almodovar, Bergman, Dreyer, Cassavetes, Bresson (pas Besson !!!), Melville, Renoir, Wong Kar-wai, Hong Sang-soo, Rivette, Rohmer, Visconti, Rossellini, Leone, Romero, Argento, Bava, Peckinpah, Fuller, Kazan, Bellocchio, Kurosawa, Ozu, Suzuki, Mizoguchi, Kitano, Chaplin, Welles, Keaton,… La liste est longue.
Cependant, ces 20 films donnent tout de même un panorama assez juste de ce que j’aime dans le cinéma.

20. Zabriskie point (Michelangelo Antonioni, 1970)
Une œuvre à part dans la filmographie d’Antonioni, mais d’une puissance évocatrice phénoménale, radiographie saisissante de la société humaine des années 1970 et de son capitalisme grandissant, du mouvement hippie et de la libération sexuelle. Tourné en partie dans la Vallée de la Mort, c’est un film rageur, ponctué d’images inoubliables, culminant dans sa fabuleuse séquence finale, hallucinatoire, d’une durée surprenante, qui montre l’explosion d’une villa au ralenti, sous tous les angles, rythmée par la superbe musique planante de Pink Floyd, sous le regard indifférent de l’héroïne, peut-être la fin de la société de consommation et du système capitaliste. Un film mésestimé d’Antonioni, à redécouvrir absolument.



19. A. I. Intelligence Artificielle (Steven Spielberg, 2000)
Ce film de Spielberg, d’une violence psychologique inouïe, est le plus noir et le plus désespéré de son auteur. Jamais la quête d’une mère par un petit garçon (ici un robot doué d’émotion humaine nommé David) n’a été aussi obsessionnelle et aussi pathétique, cette quête illusoire qui dure ni plus ni moins que le temps de l’Eternité. Un conte sombre, insensé, terrifiant et cruel, succession de scènes choquantes et malaisantes. Plusieurs séquences sont d’une force stupéfiante : la scène du massacre des robots ("History repeating", dit un des personnages), plus forte à elle seule que tout le film La Liste de Schindler du même Spielberg ; la scène très dure où le fils légitime de la famille adoptive tombe dans la piscine sous le regard indifférent de David ou encore la scène pathétique où David attend le temps de l’Eternité au pied de la statue de la Fée, … Le plus beau film de Spielberg (et Kubrick n’y est pour rien et n’aurait pas fait mieux), injustement vilipendé à sa sortie.

18. Goodbye south goodbye (Hou Hsiao-hsien, 1996)
Une des œuvres les plus marquantes du grand cinéaste taiwanais Hou Hsiao-hsien (HHH), où la mise en scène, implacable, épouse les contradictions de ses héros, petites frappes sans envergure qui ne font que du sur-place et n’arrivent pas à trouver leur place au sein des plan-séquences clos et étouffants de HHH, système que le cinéaste réutilisera avec la même réussite dans les sublimes Les fleurs de Shanghai et Millennium mambo. La caméra, fixe et impitoyable, les observe en train de s’agiter vainement pour se prouver qu’ils existent. Et puis, que dire de ce fameux plan final, qui laisse les personnages (et le spectateur) au bord du gouffre, vers un futur incertain !



17. Le château dans le ciel (Hayao Miyazaki, 1986)
Ce film d’animation du grand Miyazaki est peut-être le plus beau qu’il m’ait été donné de voir sur la perte de l’innocence. Datant de 1986, il est encore aujourd’hui d’un dynamisme impressionnant, bercé par la superbe partition de Hisashi. Tous les grands thèmes de Miyazaki y sont déjà en place : l’écologie bien sûr, mais aussi les machines volantes, le pouvoir corrupteur et la folie destructrice des hommes. Et puis, comment résister à la petite Shiita, qui tombe littéralement du ciel, dans les bras du brave Pazu !!! Comme celui-ci, on a envie de la protéger à tout prix, mais la soif de pouvoir de l’homme annihilera leur rêve utopique de paix et de beauté et leur ouvrira à tous les deux les yeux sur la folie du monde. Par ailleurs, l’idée de Laputa, l’eden volant, est d’une grande puissance poétique, mais qui finira hélas par connaître l’enfer, c’est-à-dire le pouvoir destructeur de l’homme.


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