Par Messeps - publié le 07 novembre 2005 à 07h02 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h38 - 0 commentaire(s)
Requiem pour un massacre (va et regarde) de Elem Klimov (1985)
S’il ne devait rester qu’un film de guerre à choisir parmi la multitude de chef-d’œuvres qui ont été faits dans le genre, ce serait celui-ci.
Vu par hasard sur Arte voici une bonne dizaine d’années, ce film traite des massacres perpétrés sur la population biélorusse par les troupes allemandes durant la seconde guerre mondiale. Avec une crudité dérangeante et une mise en scène parfaitement maîtrisée (j’ai le souvenir d’un scope flamboyant), nous suivons un enfant qui va tenter de survivre au milieu de cette apocalypse, et dont l’esprit de vengeance et la haine vont aller croissant jusqu’à une libération aussi brutale que fulgurante. A noter que Spielberg a dû voir ce film pour avoir repris l’assourdissement du personnage et du spectateur après un bombardement dans le soldat Ryan. Une dernière chose, si vous n’allez pas bien du tout dans votre tête, si vous êtes psychopathe ou membre d’un groupuscule d’extrême droite, je vous recommande vivement de coller son affiche à votre mur, votre personnalité sera cernée tout de suite.
Aucune édition DVD digne de ce nom dans le monde.



Blade runner de Ridley Scott (1982)
"I've ... seen things ... you people wouldn't believe. Attack ships on fire off the shoulder of Orion. I watched C-beams ... glitter in the dark near the Tannhäuser Gate. All those ... moments will be lost ... in time ... like - tears ... in rain. Time ... to die."
Cette ultime tirade de Rutger Hauer/Roy Batty résume à elle seule la poésie noire de ce monument d’anticipation qui commence tout juste, 20 ans après, à accuser le poids des ans.
Je préfère pour ma part de très loin la version chandlerienne avec voix off, ne serait-ce que pour cette première phrase de Deckard : "Sushi. Poisson froid. C’est comme ça que m’appelait mon ex-femme."
La vie dans ce Los Angeles 2019 (toujours plausible, mais il va falloir commencer à les construire ces pyramides) a beau avoir l’air insupportable, Scott, qui a prouvé à plusieurs reprises que l’on n’est pas forcément un tâcheron lorsqu’on vient de la pub, réussit à magnifier chaque plan pour rendre la cité aussi fascinante que repoussante.
L’histoire quant à elle, adaptée d’une nouvelle de Philip K. Dick, n’est pas en reste et révèle une réflexion profonde sur la nature humaine.
Bon voilà, il y aurait tellement à dire sur ce film qu’il vaut mieux arrêter là. Le film qui m’a définitivement donné l’envie de m’impliquer de quelque manière que ce soit dans cet art.

Les 7 samouraïs de Akira Kurosawa (1954)
Les sept samouraïs, c’est un petit peu l’équivalent de Strip Tease (l’émission qui vous déshabille) version Chine médiévale. Une sorte de documentaire dans lequel le réalisateur aurait posé sa caméra en fonction de choix de mise en scène, mais où l’action hors champ serait toujours palpable. La vie grouille dans ce petit village, même si la caméra n’est pas présente, et les combats font rage de partout. Kurosawa se positionne en reporter de guerre tentant de ne pas tomber sous les flèches pour mener à bien son projet. Projet qui va bien au-delà d’une histoire de mercenaires tentant, au péril de leur vie, de protéger des villageois d’une invasion de bandits. Par ailleurs, le réalisateur n’a pas oublié de diriger ses acteurs, samouraïs au charisme prédateur, comme les seconds rôles et figurants, tous d’un naturel confondant. C’est un film que j’ ai revu il y a peu et qui me fait toujours pousser des cris d’enthousiasme toutes les 5 minutes.
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