Le Top 20 d'Olivier Lafitte contient pas mal d'inédits et procède en tandem. Vous aussi, rédigez votre Top 20 et envoyez le à
laurent.tity@dvdrama.com.
20-19.
King Kong –
Mon voisin Totoro : 24 images par
secondes
L’avènement de la tornade numérique, comme du son
synchro en son temps, sonne le glas d’arts premiers
qui ont présidé à la naissance du cinéma. King kong
n’est pas qu’un tour de magie. C’est un grand film
d’aventure (une époque où l’aventure s’inscrivait
encore dans le réel (c’était le métier premier de
Cooper et Schoedsak)). C’est un mythe de cinéma (ils
sont rares). C’est une musique révolutionnaire.
Steiner y pose sérieusement les fondements de ce que
sera la musique de cinéma (amenée à maturité par
Herrmann avec Kane). Il en fait un art propre. Et cela
reste seule œuvre accomplie du maudit Willis O’brien
. Le numérique a ses qualités propres indiscutables,
mais ce que la stop-motion offrait alors c’était de la
matière inerte qui prenait vie. Sans commune mesure.
Et ce quelle qu’en soient les imperfections (et
imperfection il n’y a plus chez Selick). Cette
limitation qui est la marque du réel reste sa force
devant le trucage numérique que l’on sait à terme sans
limite et dont le spectateur désabusé n’attendra
bientôt plus rien.
L’animation, c’est bien sûr la possibilité de sublimer
chaque mouvement. Miyazaki en fait définitivement la
preuve dans ‘mon voisin’ qui reste un aboutissement de part la simplicité de sa perfection. Totalement
épuré (alors que paradoxalement fourmillant de
détails). Il révèle la beauté de chaque geste, des
gestes quotidiens. Et le tout au service d’un récit
qui échappe aux codes obligés du cinéma occidental. Un
miracle humble. Lumineux.
18-17.
Two for the road –
Punch drunk love : Deux
Le plus beau film de Donnen (‘Singing in the rain’
étant une œuvre à quatre mains dont celles non
négligeables de Kelly). Sa fluidité au regard de la
sophistication de la narration (traitement mêlé de six
époques) reste un modèle du genre. Ce qui aurait pu se
réduire un à gadget de narration s’impose
naturellement et imprime au film un mouvement qui
reproduit naturellement celui des balancements du
cœur.
Audrey Hepburn (amoureuse), nimbée par la musique de
maître Mancini, définitivement solaire (en témoigne
la caméra, amoureuse elle aussi qui, s’attarde sur son
visage dans la scène du restaurant).
La sophistication chez P.T Anderson est souvent
dénoncée comme démonstrative. Anderson resterait un
élève très doué (pour le pillage notamment). Avec
P.D.L (porté par des acteurs habités, la prestation
d’Adam Sandler (est ce vraiment une prestation ?) est
celle d’un extraterrestre, le mariage d’un génie et
d’un débile profond) il levait les derniers doutes.
Un film en suspension. Le chaos fait harmonie.
Démonstration : le plan séquence qui nous emmène en
dehors du restaurant. Minutes de perfection.