Par Olivier Lafitte - publié le 29 novembre 2005 à 04h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h40 - 0 commentaire(s)
Le Top 20 d'Olivier Lafitte contient pas mal d'inédits et procède en tandem. Vous aussi, rédigez votre Top 20 et envoyez le à laurent.tity@dvdrama.com.



20-19. King KongMon voisin Totoro : 24 images par secondes
L’avènement de la tornade numérique, comme du son synchro en son temps, sonne le glas d’arts premiers qui ont présidé à la naissance du cinéma. King kong n’est pas qu’un tour de magie. C’est un grand film d’aventure (une époque où l’aventure s’inscrivait encore dans le réel (c’était le métier premier de Cooper et Schoedsak)). C’est un mythe de cinéma (ils sont rares). C’est une musique révolutionnaire. Steiner y pose sérieusement les fondements de ce que sera la musique de cinéma (amenée à maturité par Herrmann avec Kane). Il en fait un art propre. Et cela reste seule œuvre accomplie du maudit Willis O’brien . Le numérique a ses qualités propres indiscutables, mais ce que la stop-motion offrait alors c’était de la matière inerte qui prenait vie. Sans commune mesure. Et ce quelle qu’en soient les imperfections (et imperfection il n’y a plus chez Selick). Cette limitation qui est la marque du réel reste sa force devant le trucage numérique que l’on sait à terme sans limite et dont le spectateur désabusé n’attendra bientôt plus rien.
L’animation, c’est bien sûr la possibilité de sublimer chaque mouvement. Miyazaki en fait définitivement la preuve dans ‘mon voisin’ qui reste un aboutissement de part la simplicité de sa perfection. Totalement épuré (alors que paradoxalement fourmillant de détails). Il révèle la beauté de chaque geste, des gestes quotidiens. Et le tout au service d’un récit qui échappe aux codes obligés du cinéma occidental. Un miracle humble. Lumineux.



18-17. Two for the roadPunch drunk love : Deux
Le plus beau film de Donnen (‘Singing in the rain’ étant une œuvre à quatre mains dont celles non négligeables de Kelly). Sa fluidité au regard de la sophistication de la narration (traitement mêlé de six époques) reste un modèle du genre. Ce qui aurait pu se réduire un à gadget de narration s’impose naturellement et imprime au film un mouvement qui reproduit naturellement celui des balancements du cœur.
Audrey Hepburn (amoureuse), nimbée par la musique de maître Mancini, définitivement solaire (en témoigne la caméra, amoureuse elle aussi qui, s’attarde sur son visage dans la scène du restaurant).
La sophistication chez P.T Anderson est souvent dénoncée comme démonstrative. Anderson resterait un élève très doué (pour le pillage notamment). Avec P.D.L (porté par des acteurs habités, la prestation d’Adam Sandler (est ce vraiment une prestation ?) est celle d’un extraterrestre, le mariage d’un génie et d’un débile profond) il levait les derniers doutes. Un film en suspension. Le chaos fait harmonie. Démonstration : le plan séquence qui nous emmène en dehors du restaurant. Minutes de perfection.


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