Qumran livre un top 20 très commenté, contenant de grands classiques et des réalisateurs on ne peut plus reconnus. Vous aussi, rédigez votre Top 20 et envoyez le à
laurent.tity@dvdrama.com.
20.
To be or not to be (Ernst Lubitsch)
La 20ème place est toujours la plus délicate pour moi. Celle où tellement de films se pressent pour être retenus, mais il faut bien en choisir un.
Dresser cette liste aujourd'hui, je prend donc "To Be or Not to Be". Tourné en 42 le film ne tombe pas dans le propagandisme facile des productions de l'époque, tout en restant clairement engagé dans son propos. Lubitsch préfère le ton de la comédie burlesque, faisant passer un message anti-nazi, tout en donnant un rythme trépidant à son film.
Quelque part entre le film d'espionnage, la comédie pure, le vaudeville, le documentaire et le pamphlet. On s'amuse énormément, on s'emmerveille, tout en gardant un propos profondemment humain et engagé.
19.
Stalker (Andreï Tarkovski)
Le film apparait et disparait de mon top selon l'humeur du moment, mais c'est clairement un gros morceau de pellicule.
Grand gouffre metaphysique, le film de Tarkovski se contemple les yeux équarquillés. On ne veut pas cligner des yeux devant ces tableaux animés (ou pas) hallucinants de beautés. Le terme tableau n'est d'ailleurs pas galvaudé. Le film ne comportant que 144 plans, pour une durée dépassant allegrement les 2 heures 30. Chacun de ses plans étant encore plus soigné que le précédent. Une beauté statique et vénéneuse que peu de films possèdent.
Mais Stalker n'est pas qu'un très bel objet, c'est aussi un pavé de reflexion brut. La "Zone" est un endroit sur terre où même les militaires n'osent pas s'aventurer, après qu'une catastrophe dramatique y eut lieu (météorité ? bombe nucléaire ?). On dit qu'on y trouve une chambre qui exauce vos voeux les plus profonds des gens y arrivant. Le rôle du stalker est celui de passeur, dans le film il aidera le Professeur et l'Ecrivain à atteindre la chambre. Leur cheminement étant bien plus mental que pysique jusqu'à leur but.
Tarkovski oppose trois sensibilités, trois approches différentes de la vie elle même. Il les confronte dans ce paysage apocalyptique, et regarde ce qui en sort.
Obscur et parfois hermétique, le film en rebutera plus d'un. Mais ceux qui se laissent tenté par le voyage risquent fort d'être conquis.

18.
Le Garde du Corps (Akira Kurosawa)
Le Sushi Western culte ! Un grand moment de fun décomplexé, qui fût repris par Leone pour sa trilogie de l'homme sans nom.
Toshiro Mifune en ours mal léché, yojimbo surdoué et cynique, est purement génial.
Aussi ironique que "fun", le film n'a pas vieilli du tout, et se regarde encore comme un film d'action terriblement actuel.