Par S.paul - publié le 27 mars 2006 à 06h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h51 - 0 commentaire(s)
Commençons la semaine avec le top 20 de S.paul. Vous aussi, rédigez votre Top 20 et envoyez le à laurent.tity@dvdrama.com.

Top 20. C’est quoi un top dans la définition du dictionnaire? Ce qui existe de mieux dans un domaine. J’ai en tête le top 50 musical, un outil qui est la pour marquer à un instant donné les meilleurs ventes de cd's. La logique est elle de passer le même morceau de musique pour faire plus de ventes ? Pour un film faut il le voir plusieurs fois, en parler pour l'aimer davantage ? Comment faire passer la pilule dans un top 20 en citant une bonne centaine de film ? La logique du top musical ne serait être la même, je vois les films qui me plaisent mais pas tous. Pas simple et comment différencier des réalisateurs et des films qui jouent presque la même musique…



Le cameraman
Film court en noir et blanc de Buster Keaton, il narre le parcours chaotique d’un photographe devenant par la force des choses cinéaste dans le but de séduire une femme. Sans le vouloir il va créer des formes. Le personnage créé t’il en utilisant les accidents burlesque autour de lui comme une sorte d’expérimentation direct dans l’action ? Est il un créateur ou un technicien ? Avec volonté il parvient à séduire sa belle et pourtant sans s’en rendre compte il révolutionne le cinéma en créant un langage. Keaton est dans un grand mouvement créatif, lui comme Chaplin et bien d’autres ailleurs expérimentaient a tour de bras. De ses trouvailles techniques il les insère dans une histoire qui va fonder une idée d’un film de divertissement, avec ses codes, ses signes et usages.

Schizopolis
Les expérimentations continuent, mais quelques décennies plus tard sont-elles aussi bien vues ? Film qui fit naître un travail introspectif sur ma perception de spectateur. Une fois le langage cinématographique inventé, est il utile de jouer avec ? Est ce une boutade de Soderbergh sur le cinéma ? Tout est destructuré volontairement. La narration, le montage, le son. De quoi pourrait parler ce film? D’un homme qui parle dans un film, le spectateur qui essaye de comprendre ce qui se dit. Soderbergh enlève une partie du sens convenu au langage narratif, parlé, visuel, sonore créé par ses pères ; le film y perd de sa compréhension alors que ce qui s'y passe est d’une grande simplicité. Il remet en cause la pertinence du mode de transmission du message et son sens. Expérience limite très enrichissante sur la compréhension et la perception du langage cinématographique et usuel.



La société du spectacle
Retour en arrière de quelques années. 1973 Un film « d’horreur » pour les spectateurs est réalisé par Guy Debord. Le Langage du cinéma va être dénoncé, celui-ci ne fait que dire la même chose parce que c’est dans sa structure même. Ma confrontation à ce film eu lieu il y a quelque mois seulement. Sans être obligé de respecter les formes, il faut faire passer d’autres idées. Ici est ce trop intellectuel ? Ou juste incompréhensible ? Peu importe c’est un langage cinématographique révolutionnaire. Faut il le voir ? Si on ne comprend pas le revoir, lire le livre, comme Ghost in the shell le manga, pour saisir ce qui se montre ? Alors que ce sont des images montées les une à côté des autres, un texte lu par l’auteur. C'est cela sa force, le texte et les images sont en cohérence avec la motivation, l’idée. Debord ne peut pas faire autrement de ne pas utiliser le langage narratif classique pour dénoncer le spectacle. Parce que pour lui le spectacle est imbriqué dans la narration. Le point de vue est franc et marqué. Adhéré aux idées n’est pas le propos principale qui me saute aux yeux, c’est de démontrer le rôle du spectacle total. Le film n’est pas là pour séduire, mais dit les choses, les exploite et les démontre par l’image. C’est un film ou le spectateur contemporain, étant sensible qu’au langage du spectacle, me semble obligé de prendre position, et c’est bien ! Soit cela casse les pieds et il quitte la salle soit il faut comprendre et le spectateur est obligé de le revoir. Le problème se pose ici, pourquoi dénoncer le spectacle ? Pourquoi faut il le revoir pour comprendre? Y a t’il l’oubli du réflexe de la réflexion ? Ce n’est pas de voir la même chose qui est dérangeante, est ce de nous les raconter de la même façon qui pose problème ? Reconnaître un film intellectuel, est ce celui qui ne respecte pas la narration ?


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