Par S.paul - publié le 27 mars 2006 à 06h03 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h51 - 0 commentaire(s)
Un roi sans divertissement
Ce récit est du genre à casser une bonne ambiance, pour créer un malaise. Ce film reflète, pour moi, dans son ensemble l’histoire contée. Visuellement les plans sont peu détaillés les formes se découpent dans des tons colorés proche du noir et blanc; les personnages sont taillés comme le paysage, rugueux et froid. Il y a malaise, un faux rythme, comme les pas forcés dans une neige épaisse. Dans ce film on ne raconte pas beaucoup de chose, l’essentiel est porté sur cet état d’homme plongé en lui-même sans effets spéciaux délirant. D’une histoire de disparition d’enfant, L’enquête apporte le trouble jusque dans la perception du lieutenant cherchant dans le tueur le sens de son être. La voie de Brel clôture le film par cette chanson énigmatique « pourquoi faut ‘il que les hommes s’ennuient ».



Les chevaux de feu
Inverse plastique d’un Roi sans divertissement. Ici les couleurs, les mouvements de caméra tourbillonnent, donnant une forme de peinture visuelle, peinture colorée des sentiments. Et Ivan y vit sa vie d’homme. Ce film fut reçu pour moi comme une météorite. C'est une belle expérience visuel et sonore du cinéma. Un film difficile à reproduire. Ce film donne l’impression d’être fait dans l’instant. C’est à mon sens la même impression de premier jet donné par les maîtres dans la peinture alors que l’oeuvre a été étudié, réfléchis et retravaillé longuement, c’est pour moi la marque d’un chef d’oeuvre.

Voyage à deux
Mon voyage se poursuit par une histoire simple qui permet une complexité narrative par le montage. Ce film décrit des situations vécues par un couple sur le temps. Il revient toujours sur le lieu de son amour. La narration en forme d’ellipses successives de retour en avant et arrière sert efficacement à mon sens l’histoire. Pas besoin de voix off pour sur ligner ; les dialogues sont l’essentiel pour comprendre, s’aiment ils toujours et mieux avec le temps ?



Heureux qui comme Ulysse
Un film unique c'est aussi pour moi des sentiments que l'on ne retrouvera pas ailleurs à un moment précis de sa vie. Si comme dans la peinture il y a des écoles, je dirai que ce film est l'expression pour moi du classicisme Français. Film référence pour un parcours initiatique. Film écrit avec beaucoup de retenu. Un homme se retrouve à faire un retour introspectif sur sa vie en parcourant la Camargue avec un cheval Ulysse, qui sera un compagnon destiné à mourir dans une arène. Dans ce film je me demande qui accompagne qui vers la fin de la vie et la liberté, Ulysse ou Antonin. En tout les cas le moment de la séparation, les choix sont donnés et je me trouve très sensibilisé à ces sentiments, et la liberté de ton exprimé. C'est le temps réel, le temps qui passe. Le montage du dénouement exprime une très grande émotion, personnellement elle me parle comme la chanson qui clôture le film « heureux qui comme Ulysse » de Brassens. Alors que mince! Ce n'est qu'un cheval et un vieil homme. Ce petit film montre pour moi la fin d'une époque, après le cinéma français évoluera.

Conan le barbare
Ce film est comme dans l’évocation des précédents films fait par un groupe de personnes qui aime le cinéma. C’est un divertissement qui me donne des sensations uniques. John Milius ne peut pas faire seul ce film. L’équipe fait le film qu’ils ont envie de voir. Et j’adore. John Milius est à la direction et à une réelle vision de ce qu’il veut montrer et en plus il aime ça. Conan pense, et cela après le combat. Pas besoin de savoir ce qu’il pense, il se construit c’est tout. Ce qui est bien c’est qu’il n’y a pas de discours moraliste. Conan est un barbare, il ne vie pas dans un monde civilisé. Il ne le juge pas. Il se sauve et est sauvé avant d’affronter son destin. Il vit dans l’instant et ne se préoccupe pas de son avenir. Il faut bien comprendre que Conan n’est pas montré comme un « père » tout de suite parfait, son physique n’est qu’une carapace. Maîtrisant son destin, il ne se justifie pas moralement de ces actes. Non il est montré comme un homme qui se construit et cela en suivant la phrase d’introduction de Nietzsche au début du film « ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort. » Le dialogue est bref, l’image et la musique raconte le reste. L’exemple lors de la rencontre avec Valeria peu de mots sont échangés car effectivement il faut bien se rendre compte que chacun n’a pas lu les œuvres de saint Thomas ou la biographie de Casanova ou fait une psychanalyse. Donc pas de palabre sur les émotions éprouvées c’est visuel et en cohérence avec le monde imaginaire qui est montré. La musique est juste là pour nous faire entrer dans les sentiments qu’ils partagent…
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