Par Sébastien Mimouni - publié le 02 décembre 2005 à 08h00 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 17h40 - 0 commentaire(s)
Le Top Séquence s'enrichit d'une nouvelle analyse grâce à Sébastien Mimouni qui propose aujourd'hui son point de vue sur une scène de Gladiator. A noter que dans le cadre des concours DVDrama, les meilleurs Top Séquence se verront récompenser. Il vous suffit de les envoyer à laurent.tity@dvdrama.com.



Une mise en scène brillante

Le chef d'oeuvre de Ridley Scott compte un grand nombre de séquences mémorables mais nous allons choisir la séquence sobre et poignante que les admirateurs nomment la séquence du "busy little bee" (en fr., "la petite abeille travailleuse") ; Séquence située en fin de film, lorsque Commodus, usant brillamment de la métaphore de l'abeille besogneuse qui butine de fleur en fleur, signale sourdement à sa soeur Lucilla qu'il n'est plus dupe de ses tours de passe-passe.

"Petite" séquence par sa durée, "Grande" d'un point de vue artistique, où la tension monte crescendo aux resserrements consécutifs des plans et d'une photographie qui fait vibrer les visages alors qu'eux-mêmes sont quasiment statiques.

Lorsqu'on évoque la "grande mise en scène", certains penseront par exemple aux effets complexes et tarabiscotés de la caméra (ceux-là même dont fait souvent mention le journaliste Thierry Cheze de Studio Magazine qu'il aime qualifier de "nerveuses"...) ou les plans longs chabadabadisants de Claude Lelouch, voire les "recherches expérimentales" d'un Tony Scott... Ces mises en scène là n'ont rien de "grandes" : elles sont justes "grasses". C'est pourquoi un professeur de cinéma (Jean-François Tarnowski, ancien professeur de cinéma à l'ESRA) a eu un jour l'excellente idée de rajouter au groupe de mots "mise en scène" le mot "traitement" pour intituler son cours : "Traitement de mise en scène" ; Car le travail du metteur en scène est bien celui de traiter une quantité phénoménale de données et, surtout, de problèmes. Les séquences de films qui vous ont émerveillées, qui vous ont touchées, ne sont que le produit d'un traitement complexe de problèmes fait par un bon réalisateur soucieux d'insuffler de l'émotion à ses images. Pas d'émotions sans traitement, pas d'Art sans réflexion.


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