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Le Train Sifflera Trois Fois : Grands Classiques [page 1]

Par Nicolas Houguet - publié le 01 décembre 2008 à 09h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 20h03 - 0 commentaire(s)
« Si toi aussi, tu m'abandonnes... » (ou « Do not forsake me, oh my darling » en version originale). Cette chanson lancinante de Dimitri Tiomkin, qui sera le motif récurrent de Le Train sifflera trois fois de Fred Zinnemann, ouvre un grand film. Un Western qui pourrait être une parabole : celle des gens blacklistés au moment de la croisade anticommuniste et l'hystérique chasse aux sorcières du sénateur MacCarthy. Le film est atypique car avant tout symbolique.



En 1952, il est une étrangeté. Tourné en Noir et Blanc, en temps réel, avec un héros iconique Gary Cooper qui ne dissimule pas sa crainte au fur et à mesure que la menace se précise. Il est le shérif d'une petite ville. Il commence le film dans l'insouciance et l'allégresse, épousant la blanche colombe Grace Kelly, charmante quaker (qui tient ici son premier grand rôle au cinéma). Après la cérémonie, il rend son étoile pour aller couler des jours tranquilles auprès de sa blonde. Seulement, le dangereux Frank Miller qu'il a arrêté, est remis en liberté et jure de se venger. Il est onze heure moins vingt. Le bandit et sa bande arriveront par le train de midi (d'où le titre anglais High Noon). On y remarque notablement Lee Van Cleef, dans une scène d'attente dans une gare déserte que rappellera fort le début de Il était une fois dans l'Ouest de Sergio Leone.

Dès lors, le shérif, après être revenu sur ses pas pour empêcher les bandits de faire du grabuge, tente de fédérer les bonnes gens pour leur permettre de se préparer au retour vengeur du dangereux Miller. Et tous se dérobent. La belle unité joviale de la cérémonie de mariage est un lointain souvenir. Un a un, il perd ses soutiens, et découvre le vrai visage de ses amis: des lâches qui ne feront rien pour le soutenir, de peur d'être trop exposés. A travers les plans réguliers que Zinnemann fait sur les pendules, qui avancent inexorablement vers une issue qui s'apparente de plus en plus à un sacrifice, à travers les plans fixes sur la voie ferrée déserte d'où surviendra la mort, la tension monte graduellement. Au fur et à mesure que le temps s'écoule, Gary Cooper ne se trouve pas d'alliés. Il se lance dans une marche désespérée et inlassable au milieu d'une ville qui le rejette. Il en arpente les rues sans cesse en quête d'hommes pour lui prêter main forte. Sa recherche est intense et déchirante. Il est l'image même de l'isolement et de la solitude.



Sa jeune épouse envisage de partir avant lui loin de ce tumulte. Un jeune homme impétueux voulant devenir shérif à son tour, Lloyd Bridges, finit par s'opposer violemment à lui. Les bons chrétiens réunis à l'église où il fait irruption, hagard et à bout de ressources, ne lui apporteront guère plus de réconfort et se déchireront dans une querelle d'invectives, rejetant la faute sur le shérif, oubliant un peu vite les services qu'il a rendus à la communauté. Certains sont prêts à le suivre, mais pas seuls. Un vieillard, son modèle, lui prêterait bien main forte mais il serait plus un fardeau qu'autre chose. L'heure avance. Cooper est seul dans une ville de plus en plus déserte à l'approche de l'échéance fatidique. Sa femme rend visite à l'ancienne maîtresse de son époux, belle mexicaine (Katy Jurado, méfiante et digne), qui seule sera un soutien discret.


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