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Le Truc Qui Tache : De Plus En Plus De Remakes [page 3]

Par Rafik Djoumi - publié le 15 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 15 octobre 2009 à 17h56 - 1 commentaire(s)
Autre marronnier des cinémaniaques en folie : le remake témoigne d’un manque d’inspiration et se qualifie comme un vol de l’œuvre d’origine.
Que dire alors de tous ces cinéastes qui ont remaké leurs propres films ? Lorsque Leo McCarey fait pleurer des millions de femmes à travers le monde, sur Elle et lui (1957) avec Cary Grant, il ne fait là qu’améliorer grandement son travail déjà effectué sur Love Affair (1939) avec Irene Dunne (qui sera d’ailleurs à nouveau remaké en 1994, avec Warren Beatty et sa femme Annette Bening, sous le titre de Rendez-vous avec le destin). Lorsque Raoul Walsh livre son excellent western La Fille du désert (1949) avec Joel McCrea et Virginia Mayo, il ne fait là qu’un remake déguisé de son thriller High Sierra, avec Humphrey Bogart et Ida Lupino, sorti seulement huit ans plus tôt (et qui sera à nouveau remaké en 1955, avec Jack Palance, sous le titre La Peur au ventre). Raoul Walsh toujours, dont le célèbre western Les Aventures du Capitaine Wyatt (1951) avec Gary Cooper est un remake déclaré de son film de guerre sorti six ans plus tôt, le fameux Aventures en Birmanie avec Errol Flynn. Aventures en Birmanie qui bénéficie d’une structure tellement impeccable qu’il sera à nouveau remaké, de façon plus déguisée, dans un film d’aventures avec Arnold Schwarzenegger intitulé Predator (1987). De son côté, Howard Hawks tentera, en 1964, de refaire un de ses chefs-d’œuvre de 1938, L'Impossible Monsieur Bébé, sous le titre Le Sport favori de l’homme, avec un Rock Hudson bien moins engageant que Cary Grant. Et Alfred Hitchcock refera aux USA, en 1956, son l’Homme qui en savait trop déjà réalisé en Angleterre en 1934.



Si l’on considère le remake comme la chasse gardée des producteurs opportunistes et des cinéastes sans inspiration, alors il faudrait faire le ménage dans nos DVDthèques pour acquérir systématiquement les œuvres d’origine et ne plus leur préférer la version « volée ». Retournons donc vers La Mouche (1958) remaké par David Cronenberg ; Yojimbo (1961) remaké par Sergio Leone ; La Féline (1942) remaké par Paul Schrader ; La Petite boutique des horreurs (1960) remaké sous forme musicale par Frank Oz ; Dracula (1931) remaké par John Badham puis par Francis Ford Coppola, L’Invasion des profanateurs de sépultures (1956) remaké par Philip Kaufman, puis par Abel Ferrara, puis par Oliver Hirschbiegel ; La Chose d’un autre monde (1951) et Fort Bravo (1953), tous deux remakés par John Carpenter ; Un Nommé Joe (1943) et La Guerre des Mondes (1953) tous deux remakés par Steven Spielberg ; Le Voyage fantastique (1966) remaké par Joe Dante et Steven Spielberg ; La Planète des singes (1968) la production française The Legend of Sleepy Hollow (1912) Charlie et la chocolaterie (1971) et Sweeney Todd (1936) quatre films remakés par Tim Burton ; La Chute de l'empire romain (1964) remaké par Ridley Scott ; Broadway Rose (1922) remaké par Woody Allen ; la comédie allemande Viktor und Viktoria (1933) remakée par Blake Edwards ; L’Homme des vallées perdues (1953) remaké par Clint Eastwood sous le titre Pale Rider ; Le Salaire de la Peur (1953) remaké par William Friedkin etc… etc… etc…



Trêve d’ironie. On l’aura compris, le remake n’est ni une mode ni une facilité mais une constante de l’industrie filmique ; on peut même affirmer qu’il s’agit d’un processus inhérent à la création artistique, puisque la littérature, la musique, la peinture ou le théâtre connaissent tout aussi régulièrement ces mises à jour.

Et pour conclure sur une note décalée : nous évoquions en début d’article le remake actuel de La Dernière maison sur la gauche (1972) que Wes Craven produit fièrement en tant « qu’auteur » de l’œuvre originale. Ce que Craven ne risque pas de crier sur les toits, c’est que son film d’horreur à lui était déjà un remake, et pas n’importe lequel puisqu’il était allé puiser à… La Source d’Ingmar Bergman…
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