Par Cédric Renier - publié le 08 janvier 2009 à 00h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 20h57 - 0 commentaire(s)
LES INFILTRES UP
Lucas vend désormais des jouets, Coppola met son vin en bouteille, Friedkin ne sait plus trop où il en est et, après un Traqué revigorant, semble vouloir retourner à ses bidouillages prétentieux d’étudiant en cinéma (voir son dernier film, Bug), même De Palma commence à montrer des signes de faiblesse (en tout cas si l’on en croît ses deux derniers films). A bientôt 65 piges, Martin Scorsese semble être, avec Spielberg, le dernier représentant du turbulent pack de cinéastes ayant foutu le boxon à Hollywood dans les années 70 à avoir encore la niaque. La preuve : Les Infiltrés, formidable polar urbain blindé d’acteurs au top de leur forme et porté par une mise en image qui nous rappelle combien le cinéma est avant tout une affaire de plaisir.



BLOOD DIAMOND UP
Nous sommes à la Sierra Leone, en 1999. Le pays est en pleine guerre civile. Dans le reste du monde, on aperçoit de furtifs bouts de reportage qui seront illico oubliés cinq minutes plus tard ; sur place, c’est l’horreur. Danny Archer, nostalgique de l’époque coloniale, est un vulgaire trafiquant de diamants. Solomon Vandy n’est lui qu’un simple pêcheur, qui se retrouve prisonnier du RUF, la rébellion sierra léonaise, après l’attaque de son village. Envoyé dans ses mines, il y découvre un magnifique diamant qui deviendra l’objet de toutes les convoitises. Et plus particulièrement celle d’Archer qui lui propose, en échange du précieux caillou, de l’aider à retrouver sa famille dont il a été séparé. La quête du diamant devient sanglante. Les acteurs parviennent à transcender des personnages très caractérisés qui, sur le papier, ressemblaient à des clichés romanesques. Léonardo DiCaprio – on vient de l’évoquer – désormais crédible dans un rôle adulte ; Djimon Hounsou qui s’il ne cherche pas à casser son image policée continue en revanche de véhiculer la même intensité ; et, surtout, Jennifer Connelly qui demeure un objet de fascination à elle seule.



MENSONGES D'ETAT DOWN
Russell Crowe, figure obligatoire dans la filmographie scottienne, se laisse donc vaguement embarquer dans le portrait du fonctionnaire tranquille et gérant à distance les opérations, pendant que DiCaprio se la joue juif incognito sur le terrain. Si la définition faite ici des personnages peut sembler légèrement réductrice, elle est pourtant d’une objectivité affligeante : la caricature semble avoir été le maître mot dans la construction humaine du projet tant le manichéisme fait partie intégrante des relations inter protagonistes. Bedonnant, salopard incroyable par définition puisque filant ses ordres en bouffant ou pissant pendant que son agent courageux et altruiste s’en prend plein les dents, la performance de l’acteur que l’on a vu récemment dans 3h10 pour Yuma s’avère être le minimum syndical. Tout juste si, au détour de quelques trop rares plans, il se rappelle à nous comme étant l’atout majeur du Révélations de Mann. Quant à DiCaprio, ce qui est troublant avec lui c’est cette grandeur même dans la platitude, car il nous offre ici l’une des apparitions les plus ratées de toute sa carrière… Ratée ? Non ! Sans doute gâchée, l’énorme problème de Mensonges d'Etat provenant évidemment de cette apathie générale.

AND THE WINNER IS…
LEONARDO DICAPRIO
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