Aujourd’hui en Argentine, c’est compliqué de produire un film ?MG : Il y a actuellement une réelle explosion du cinéma et les cinéastes sont de plus en plus nombreux, c’est donc assez complexe, il faut une ouverture internationale et c’est important d’avoir une vitrine comme celle de Cannes qui permet de vendre le film à l’étranger. Ce fut un réel cadeau de pouvoir être à Cannes et d’être en début de compétition.
Qu’est-ce qu’il vous reste aujourd’hui de cette expérience ?MG : Tous ces récits que j’ai partagés avec ces femmes qui m’ont fait confiance et m’ont permis de construire le personnage de Julia.
PT : Une grande émotion, celle que j’ai ressentie lorsque nous avons projeté le film aux prisonnières. Elles ont été bouleversées. C’est un témoignage important et je suis heureux de l’avoir tourné. C’était très émouvant et en même temps, ce qui fut assez drôle, c’est qu’elles ont beaucoup ri. Nous avons essayé de dédramatiser certaines situations par l’humour, même si c’est un univers très pesant, elles l’ont accepté.
MG : Elles ont perçu certains détails que les autres spectateurs ne perçoivent pas, elles se sont identifiées au personnage de Julia et se sont senties vraiment représentées par elle, ce qui fut pour nous la plus belle des récompenses.
PT : Aujourd’hui on nous appelle pour montrer ce film en prison et amorcer des discussions, c’est formidable pour nous, cela nous donne l’impression d’avoir réussi quelque chose.
Propos recueillis par Sophie Wittmer