Cette oeuvre dégage donc une impression rare, pleine de souffle. Miller dans sa narration a adopté le ton de la grande épopée, pleine d'emphase et de passion. Dans le style des grand récits homériques, on ressent également tout au long de l'album cette tradition de récit oral qui exalte les exploits des grands héros. Cette exagération épique traditionnelle est accentuée par la beauté fulgurante et violente de planches panoramiques qui ressemblent à des grands tableaux, dans cette action continue mais gouvernée par une sorte de voix supérieure, la pensée des personnages (et de Leonidas en particulier).
Cet album est une création artistique totale et brillante qui a son esprit propre. On ne peut qu'appréhender avec une certaine fébrilité sa transcription à l'écran, car il faudra un très grand film pour ressentir cette richesse de sensation, cette violence si directe, ces valeurs si entières. Il faudrait un cinéma sans aucune concession, d'un grand courage et d'une grande intégrité artistique pour en recréer l'ambiance, le langage et le mouvement si particulier et assez unique de ce roman graphique.

Comparaison entre la BD et le filmqui ne reprenait que d'une manière assez décevante le canevas du chef d'œuvre monumental d'Alan Moore. On tente de se rassurer en songeant aux
qui rendaient une belle justice à l'oeuvre qu'ils adaptaient.
Cependant, on ne peut s'empêcher de songer que le degré de maturité, d'audace et de complexité que des auteurs comme Frank Miller, Alan Moore ou Neil Gaiman ont imposé à leur forme d'art ne se trouve plus qu'assez rarement au cinéma. On se souvient avec circonspection des adaptations assez catastrophiques d'
(excellentes B.D de Miller à la base). Mais parfois ça arrive, lorsque le mercantile ne prend pas le pas sur l'artistique. Donc espérons. Gâcher une inspiration de départ aussi magistrale, riche et prometteuse serait dommage. Mais ça s'est déjà vu.
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