Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 30 décembre 2008 à 10h04 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 20h45 - 0 commentaire(s)
L’Histoire a toujours été un sujet de choix pour les réalisateurs en mal d’inspiration et les dernières décennies en Europe recèlent tant de péripéties et d’évolutions brutales que l’on comprend davantage le nombre de métrages s’intéressant à ce que l’on appelle communément « les années de plomb », que ce soit en Italie, en Allemagne et ailleurs. En effet, qu’ils traitent le sujet frontalement ou qu’ils l’abordent et s’en servent comme toile de fond, les métrages portant sur ces décennies de feu et de sang se multiplient. De Mesrine à Buongiorno Notte, le traitement de cette période gagne manifestement en audience et en ambition, tout comme peut encore captiver la lutte irlandaise pour l’indépendance (Bloody Sunday, Omagh, Le Vent se lève, Hunger).

Pourquoi traiter « les années de plomb » au cinéma ?
Tout d’abord, l’envie de réalisateurs souvent jeunes est grande de vouloir raconter ce qu’ils ont vécu directement ou non. Cela est d’autant plus vrai que les contemporains de cette période sont encore vivants pour la plupart et que traiter par les moyens du cinéma, cette dernière, c’est assurément impliquer une société toute entière dans une réflexion sur elle-même. Ainsi, dans une veine plus politique et engagée, s’atteler à un tel sujet permet d’ausculter le passé, de le confronter à notre présent et d’en reconstruire une mémoire, cela à des fins diverses : l’examen d’une époque que l’on reconstruit, la promesse d’un film haletant et toujours le bonheur de pouvoir en discuter avec passion, avant comme après que le film ait été montré.

En soi, donc, le choix des années de plomb répond à une opportune nécessité de faire du cinéma et d’intéresser les contemporains à la compréhension d’une période complexe, dramatique mais indubitablement passionnante. Avec en prime, notamment en Italie, l’impérieux besoin de relier le présent à cet encombrant passé comme a su dernièrement si bien le faire Paolo Sorrentino avec Il Divo. Par conséquent, en plus de sa dimension salvatrice et intrinsèquement politique, restituer l’ambiance et la chronique des « années de plomb » dans certains pays comme l’Italie révèle la capacité d’une société à accepter son passé et à le transmettre avec plus ou moins d’authenticité et de sincérité.
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