Réunissant six auteurs et graphistes aussi talentueux qu’éclectiques (sept si l’on compte le générique qui pourrait bien faire figure de sketch d’introduction), le film collectif d’animation
Peur[s] du noir propose d’étudier six visions bien différentes de cette peur viscérale ancestrale. Afin de bien prendre la mesure des œuvres présentées dans ce long métrage aussi passionnant qu’original et de l’apprécier avec un œil avisé, voici un petit aperçu du parcours des auteurs et de leurs thématiques. Nous éviterons bien évidement d’aborder le long métrage lui-même (déjà analysé dans la critique) afin de vous laisser la surprise de la découverte.
Blutch Né en 1967, Christian Hinckler, dit Blutch, commence, après des études d’art-déco, à travailler chez fluide glacial dans les années 90 suite à un concours organisé par le fameux magazine humoristique. Possédant un style à la fois énergique et enlevé flirtant avec le croquis des plus expressifs, il a un sens aigu du découpage et aborde souvent des sujets délirants pourtant portés par une certaine satire joviale. Il possède en outre une magnifique propension à dessiner la gente féminine, qu’il croque magnifiquement, des demoiselles qui semblent trôner sur l’ensemble de son œuvre alors qu’il possède une passion pour la danse et ses représentations. Une thématique qui colle d’ailleurs parfaitement avec la fluidité de son trait et son dynamisme, comme en atteste les ouvrages
Vitesse Moderne et
Total Jazz.
On retiendra en particulier son adaptation du Satyricon, dans un ouvrage nommé
Peplum, des autoportraits satiriques (
Blotch, deux tomes), les aventures de
Mademoiselle Sunnymoon, les chroniques d’une jeune femme un peu perdue,
Le petit Christian, des chroniques enfantines (a priori selon l’auteur) faussement autobiographiques mais d’une nostalgie réellement hilarante, ou encore
La volupté (nominé pour meilleur album à Angoulême en 2006) ou enfin le tout récent
la Beauté, aux éditions Futuropolis.
Un site pas très officiel mais bien dans le ton du personnage :
cliquez iciCharles BurnsIllustrateur américain né en 1955 à Washington, Charles Burns est principalement connu pour avoir écrit et illustré la série
Black Hole, un roman graphique de 12 numéros publié de 1995 à 2005 et paru en France aux éditions Delcourt qui en publia d’ailleurs un recueil en 2006. Narrant les aventures de jeunes adolescents habitant dans la ville de Seattle et contractant une maladie rapidement assimilée à une MST. Par un style graphique très prononcé (détourage épais, aplats de noirs massifs et stylisés), l’œuvre de Burns se situe à mis chemin entre l’art moderne et le style vieillot des films d’horreur et/ou noirs des années 50, instaurant une ambiance pesante et dérangeante alors que les adolescents mutent eux même sous les effets d’une maladie qui les marginalise et pousse les plus atteints d’entre eux à vivre reclus dans un campement isolé.
Auparavant, Charles Burns a travaillé pour de nombreux magazines et revues, pour la plupart musicales et s’est généralement vu listé dans les magazines d’avant-garde comme un auteur à suivre, quand ils n’utilisaient pas des travaux d’illustrateur.
Un site en anglais permettant d’avoir un aperçu des travaux dérangeants de l’auteur :
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