Qu’est ce qui vous fascine le plus dans cette période ? Je trouve que c’est un moment super intéressant. Tu testes toutes tes émotions. L'amour et le désir font leur apparition. Tu ne te connais pas. Tu ne maîtrises rien. Je trouve ça très touchant.
Même le spleen qui va parfois avec ?Il y a des moments où l’on a des attentes par rapport à la vie. On se dit, on va devenir grand, fort musclé, beau. Et puis on se rend compte que notre corps n’évolue pas forcément à notre convenance. Ça peut être assez traumatisant pour certains. Il faut pourtant apprendre à s’accepter comme on est. C’est très dur quand on ne ressemble pas à ce qu’on voudrait être. Ce qui est le cas de pratiquement tous les ados.
Les Beaux gosses offrent un point de vue plutôt masculin ?Je me suis placé plutôt du côté des garçons. Tout en gardant l’image que j’en avais ado avec mes potes. On avait zéro succès. Sans doute parce qu’on n’avait pas la maturité de pouvoir exprimer suffisamment nos émotions. Surtout sans en avoir honte.
Un fossé énorme avec l’univers des filles ?Il y a un grand décalage entre ce que mes personnages disent et ce qu’ils font. Dans le monde des filles, c’est un peu différent. Elles ont plus confiance en leurs émotions. Le garçon est plus dans la représentation.
Il y a quand même un côté positif de l’adolescence ?Le fait d’aimer ! Il y a une disproportion des sentiments. Encore plus si c’est impossible. Les émotions sont hyper fortes. Surtout parce que ce sont les premières. Après on s’habitue un peu.
Au final, entre BD et cinéma, votre cœur balance ?Ce sont des activités totalement différentes. Et c’est vrai que je ne pourrais pas me passer de la BD. Mais si je peux refaire un film dans les mêmes conditions, je recommencerai avec plaisir. Quitte à changer complètement d’univers.
Propos recueillis par H. Ballan.