EN AVANT, JEUNESSE (PAR ROMAIN LE VERN)
Réalisateur: Pédro Costa
Avec: Mario Ventura Medina, Maria Do Ceu Barbosa
Date de sortie: 13 février 2008Histoire: Première scène: une femme profère des paroles vénéneuses à un individu hors champ et se retire un couteau dans la main. Le générique apparaît. D’autres personnages surgissent et forment une étrange unité chorale. De fil en aiguille, de plans-séquences en plans-séquences où l’anodin a quelque chose de tragique, on apprend leurs griefs et endure leurs souffrances.
Pourquoi on l'attend: Le titre est trompeur : ce n’est pas un hymne à la révolte, c’est un requiem lancinant qui fredonne le même ennui existentiel, la peur de l’écroulement des valeurs, l’engouffrement de la modernité, la perte de soi-même dans un univers en pleine révolution, sans horizon, ni ligne de fuite. Un peu comme Otar Iosseliani dans
Que la lumière fut. Le personnage principal, maçon à la retraite, souvent mutique et observateur, sorte de démiurge perdu dans les faubourgs déshumanisés de Lisbonne taillés à même les enfers, erre, musarde, s’ennuie… comme le spectateur dans un film méandreux. Il croise différents personnages déchus comme Wanda, héroïne désormais récurrente de l’univers de Pedro Costa. Le cinéaste, lui, joue sur l'espace, juxtapose les lieux, fait passer sa caméra d’un quartier délabré à des appartements flambants neufs dans lesquels le protagoniste étouffe. Idée renforcée par un personnage secondaire d’agent immobilier qui, tel un caractère échappé de l’univers de Alexandre Sokurov, apporte une dimension goguenarde et burlesque.
On espère: que personne ne quittera la salle avant la fin
On peut craindre: l'absence d'intérêt
Conseillé: aux masochistes bobos qui adulent sans rien comprendre
Les Cahiers du cinéma.
Déconseillé: aux amateurs de frivolité très frivole.
A BORD DU DARJEELING LIMITED (PAR VINCENT MARTINI)
Réalisateur: Wes Anderson
Avec: Owen Wilson, Adrien Brody, Jason Schwartzman
Date de sortie: 19 Mars 2008Histoire: Trois frères qui ne se sont pas parlé depuis la mort de leur père décident de faire ensemble un grand voyage en train à travers l'Inde afin de renouer les liens d'autrefois. Pourtant, la "quête spirituelle" de Francis, Peter et Jack va vite dérailler, et ils se retrouvent seuls, perdus au milieu du désert avec onze valises, une imprimante, une machine à plastifier et beaucoup de comptes à régler avec la vie. Dans ce pays magique dont ils ignorent tout, c'est alors un autre voyage qui commence, riche en imprévus, une odyssée qu'aucun d'eux ne pouvait imaginer, une véritable aventure d'amitié et de fraternité.
Pourquoi l’attend: On l'attend fortement car Wes Anderson est l'auteur d'Une Vie Aquatique qui nous avait largement enthousiasmés. Son nouveau film ayant à nouveau pour thème les difficiles relations familiales, nous n'en sommes que plus impatient.
On espère: simplement que le film suivra la jolie voie engagée par
La Famille Tenenbaum et
La Vie Aquatique.
On craint: rien.
Conseillé: aux nombreux fervents défenseurs du cinéaste Wes Anderson, aux amateurs de drames familiaux burlesques et subtilement sombres.
Déconseillé: aux amateurs de mauvais films, au fan-club exclusif de Steven Seagal.