Suite de nos dossiers estivaux et décontractés. Au commencement, il y eut une idée fantasque : quel est le film dans lequel vous auriez aimé jouer ? Et la machine s'emballe, se tenant à l'écart des plages surpeuplées, on se prend à rêver de traverser l'écran, à l'image du gamin dans
Last Action hero ou de Mia Farrow dans
La Rose pourpre du Caire. Voici donc les rêves les plus fous des journalistes de notre rédaction. Leurs choix représentent leurs goûts, déclarant leur amour à un film, à un personnage ou à un univers qui les a frappés. L'éclectisme est de mise : des gangsters aux super-héros, des contes de fées aux chasseurs de fantômes. En attendant de découvrir vos héros et vos films de prédilection dans le forum.
JACK TERRY DANS BLOW OUTIl est des personnages de cinéma qui vivent en 100 minutes ce que vous, moi, mettrions 10 ans à ressentir. En guise d’exemple, je ne peux m’empêcher de penser au parcours émotionnel et mental de Jack Terry, le preneur de son obsessionnel de
Blow Out. Jack n’est pas supérieurement intelligent, ni trop naïf. Il n’est pas veule, mais il n’incarne pas le courage non plus. En fait, même s’il a le visage du jeune
John Travolta, Jack est un type comme vous et moi, passionné par son art (la prise de son, donc), même s’il l’exerce dans un univers où il ne peut vraiment s’exprimer (le slasher fauché). Il se retrouvera, malgré lui, plongé dans une vaste histoire de complot politique, avec maîtresse sacrifiée, assassin sans scrupule, maquereau véreux et hommes de l’ombre menaçants. Du suspense, de l’aventure, un vrai scénario de série B, qui fait basculer une fiction à la réalité bien tangible dans le pur thriller « depalmien ». Outre qu’il soit l’une des plus belles déclarations d’un cinéaste envers les techniciens du septième art (la séquence où Jack conçoit un film avec sa bande sonore et des photogrammes est un bijou visuel à décortiquer dans toute bonne école de cinéma),
Blow Out est aussi un drame déchirant. J’aurais voulu être ce héros à la bonne foi insubmersible, qui avance tête baissée dans un vrai nid de serpents grâce à ses seuls talents, et qui tombe amoureux d’une femme sans le savoir, avant de la perdre par imprudence, grisé par cette irruption de l’excitation dans sa morne vie. Jack restera figé (par la grâce d’un plan final tétanisant) dans un remords muet et sans doute éternel. C’est tragique, tragiquement romantique, c’est une histoire que je n’aimerais sans doute pas vivre. Sauf devant l’objectif d’une caméra.
Nicolas LemaleROSALIE DANS CESAR ET ROSALIE / ROSE DANS TITANICJ'aurais aimé jouer Rosalie dans
César et Rosalie de Claude Sautet (1972) et Rose DeWitt Bukater dans
Titanic. J'aime ces personnages pour leurs dilemmes, les entre-deux, la difficulté du choix et finalement, le choix, l'engagement dont on connaît l'issue. J'aime le côté non lisse : on croit qu'on doit partir à droite et notre caractère nous rappelle que c'est finalement à gauche que l'on ira ! Rien n'est écrit...
Mélodie Vautrin