Par La Rédaction - publié le 23 mai 2008 à 04h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 15h05 - 0 commentaire(s)
INLAND EMPIRE
On a beau adorer les films de David Lynch, trouver Eraserhead génialement intrigant et onirique, passer sur le fait de n’avoir rien capté à Mulholland drive pour glorifier sa puissance évocatrice et de suggestion, au bout d’un moment, en fait après les 30-40 premières minutes de INLAND EMPIRE, il devient difficile, voire impossible de conserver le début de l’ombre de l’esquisse d’une estime de soi-même. Pourquoi cela ? Parce que tout ce que l’on voit à l’écran donne la désagréable et permanente impression d’être pris pour un idiot ! C’est vrai quoi, on n’a rien contre les gens déguisés en lapin, rien non plus contre les phrases qui ne veulent rien dire, encore rien contre Laura Dern illuminée, mais bordel à défaut d’avoir une explication, au moins cela pourrait-il être filmé avec un minimum de sens esthétique ! Penses-tu ! Au lieu de ça, bonjour la DV toute moche et les maux de tête allant avec. Désolé Mr Lynch mais pas cette fois. Et pour citer Ben Harper, présent lui aussi dans ce fourre-tout hallucinant : « The drugs don't work »



MICROCOSMOS
On ne peut pas dire que Microcosmos soit un mauvais film en soi, ça non. Il profite d'un tournage expérimental qui offre des images à la croisée du scientifique et de l'esthétique, compose avec une musique aérienne qui décuple la beauté de ce visuel. Le film est beau, réellement. Aussi beau qu'il est creux, au bout du compte. Car vers quoi tend ce montage d'images aux accents science-fictionnels ? Vers rien, bien sûr. Il y a bien un narrateur mais pas de réelle progression narrative, nous sommes face à un livre d'images, un écran de veille ultra-amélioré. Et si un tel objet peut vous épater sur une durée relativement courte, le voir sur sa durée entière relève du marathon d'acharné. Et même s'il ne dure qu'une petite heure et quart, cet effet soporifique est plus que prégnant, vous entraînant dans des délices cotonneux que créent la minutie des images et le calme de la musique. Pour peu que vous alliez le voir un dimanche après-midi après avoir bien mangé, il vous sera donc impossible de rester éveillés devant Microcosmos, comme d'ailleurs devant toutes les productions du même accabit (Le Peuple migrateur,...). Un film à voir plusieurs fois, comme un porno. En plus beau mais en moins marrant.



PEDALE DURE
L’affaire commence mal, j’avais manqué le premier opus « Pédale douce » au cinéma (que je n’ai toujours pas vu par ailleurs !!!) au contraire de millions de Français qui s’étaient rués dans les salles obscures. Bien décidé à rattraper ma faute, la présence de Michèle Laroque, Jacques Dutronc et de Gérard Darmon ne m’avait pas préparer à ce choc intellectuel ! Bien pénard dans mon fauteuil, je n’attendais certes pas le chef d’œuvre cinématographique de ma vie mais la déception fut amère à avaler ! C’est simple, je n’ai pas tenu dix minutes devant cet objet crétin mis en scène par Gabriel Aghion et l’agacement l’a emporté sur mon sacro-saint engagement de ne jamais quitter une séance avant la fin d’un film ! Oui, pour la première fois de ma vie (et j’en ai vu des films au cinéma), c’est avec rancœur que je quittais mon fauteuil confortable d’un multiplex du centre de la capitale tout en marmonnant et en m’interrogeant sur la santé du cinéma français d’alors… Quelle infâme traître à la cause cinématographique avait-il pu commettre ce crime là ? Je savais la comédie française capable de pondre des âneries mais là c’était toucher le fond à en faire peur un champion de plongée sous-marine ! Jacques Dutronc en séducteur inconnu qui remet en cause l’équilibre d’un ménage à trois tournant autour de la belle Michèle Laroque, enceinte de l’un des deux homos clichés que sont Gérard Darmon et Dany Boon (oui oui, LE Dany Boon des Chtis !), j’aurais dû me méfier me direz-vous ?! Oui, en effet j’aurais dû me méfier mais nous connaissons chacun des petits moments de faiblesse et, rappelez-vous, je pensez bien faire en me rachetant de mon pêché originel de ne pas avoir vu le premier opus… Un film dur à avaler et à faire bondir le taux de suicide des cinéphiles.



Dossier rédigé par Nicolas Houguet, Gwenael Tison, David Brami, Florent Kretz, Laurent Tity, PitouWH et David A..
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