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Les Freres Pang : Un Duo Hyperactif [page 3]

Par Nicolas Lemâle - publié le 28 août 2008 à 04h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 17h45 - 0 commentaire(s)
Un ratage total, qui pousse les frangins à se remettre en question, à l’occasion d’un Re-Cycle qui divise comme jamais admirateurs et détracteurs du « dynamic duo ». Angelica Lee est à nouveau en tête d’affiche de ce film fantastique reposant presque intégralement sur son concept d’univers imaginaire, dans lequel une écrivain tourmentée par son avortement déambule, hébétée. A la vision du film, aucun doute, Re-Cycle est le projet le plus étrange de leur carrière : les frères s’affranchissent du carcan narratif dans lequel ils s’étaient eux-même enfermés, pour mettre leur talent de styliste au service d’un film-monde, inspiré du jeu Silent Hill et parsemé de fulgurances graphiques tétanisantes (la scène des foetus, entre autres). Toutefois, comme dans The Eye 2, la morale de l’histoire penche dangereusement vers le tract anti-avortement, et une rigueur morale pas forcément du meilleur goût.



Trop expérimental pour bien fonctionner, Re-Cycle se fait malgré tout remarquer dans les festivals du monde entier, surtout anglo-saxons. Avide de récupérer les talents asiatiques révélés par un ou deux succès, les executives hollywoodiens, qui planchent déjà sur un remake de The Eye, font un pont d’or aux frères Pang pour faire chez eux ce qu’ils faisaient si bien là-bas. Problème : Les Messagers, sorti en 2007, a clairement quelques années de retard sur l’ensemble de la production fantastique. Sixième sens, The Grudge, Le cercle : le scénario inepte de cette série B mettant en vedette la mimi Kristen Stewart mange à tous les râteliers, et n’est en rien mis en valeur par les deux réalisateurs, qui recyclent (sic) sans honte les pires effets du genre, de la porte qui claque au plan-fixe-avec-entrée-de-fantôme-dans-le-champ, en passant par le flashback inutile. Le film est produit par la société de Sam Raimi, Ghost House, qui s’échine à livrer des productions basses du front type Boogeyman, ne faisant guère honneur au genre qu’il défend pourtant (30 jours de nuit a malgré tout rehaussé la barre cette année).

Lancée sur les chapeaux de roue à la fin des années 90, la carrière et la renommée des frères Pang pataugent désormais sérieusement. Trop de compromissions, pas assez d’ambition surtout (Oxide déclarant par exemple en interview qu’il souhaite juste « faire passer un bon moment au spectateur » en parlant de...The Eye 2 !) : à force d’enquiller les tournages, les scénarios et les séances de montage, les frères Pang semblent épuiser leurs cartouches plus vite qu’ils ne le voudraient : leurs récents Forest of Death (avec Ekin Cheng again, qui parle aux plantes et Shu Qi again en détective vulgaire – re-sic) et In love with the dead (mélodrame fantastique qui aurait pu tenir sur un court-métrage) le prouvent.



Avec quelques efforts, ils sont pourtant capables de livrer des séries B réjouissantes, telles The Detective avec Aaron Kwok : un film d’enquête, à petit budget, avec une vraie performance d’acteur et un scénario maîtrisé de A à Z, même si Oxide (crédité comme réalisateur) manque toujours de panache pour réaliser une scène d’action. La catastrophe Bangkok Dangerous version Cage, toujours en attente de sortie aux USA, ne laisse malgré tout pas augurer du meilleur.

Comme pour signifier leur retour aux sources, les frères Pang sont repartis à Hong-Kong diriger la suite, très attendue, du blockbuster Storm Riders. Les premiers croquis font envie, reste à voir si le film réussira un revival du wu xia pian fantastique là où Tsui Hark, avec La Légende de Zu, a échoué. Et après ? Hum. Un rapide coup d’oeil sur IMDB permet de voir qu’un The Eye 3, l’au-delà (un vrai, cette fois) est toujours en projet...
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