A l’occasion de la sortie du très bon
Iron Man de Jon Favreau nous débutons une série de dossiers consacrés aux plus grands dessinateurs de
comics. Chaque nouvelle sortie cinématographique d’une adaptation serra l’occasion de se pencher sur certains des auteurs marquants de l’industrie de la bande dessinée américaine. Entre L’Incroyable Hulk,
Wanted : choisis ton destin, Hellboy 2 ou bien encore The Dark Knight rien que pour les prochains mois, les occasions de mettre en avant les plus grands talents du
comic book ne maqueront pas.
Et pour commencer cette série le choix s’est imposé de lui-même : Le
King of the Kings, Jack Kirby !
Jack Kirby est probablement le dessinateur de comics qui aura le plus marqué le genre. Si Stan Lee est réputé comme auteur Kirby est son pendant artistique (bien qu’il collabora intensément à la création de nombreux personnages que l’on attribue qu’à l’unique génie de Stan Lee).
Né à New York en 1917 de son vrai nom, Jacob Kurtzberg, Kirby eut une enfance et une scolarité plutôt difficiles. Très tôt il sut qu’il ne ferait que du dessin et se désintéressa des autres disciplines scolaires. Dès l’âge de 16 ans, il dessina dans le journal de l’organisation dont il était membre, la Boys Brotherhood Republic. L’année suivante, en 1936, il rejoint le Lincoln Newspaper Syndicate pour lequel il réalise de nombreuses planches et même des publicités. Pendant trois ans, il réalisa des
comics strips d’aventures, de capes et d’épées ou bien encore des histoires policières.
En 1939 il intègre les célèbres studios de dessins animés
Fleisher Studios (
Superman, Popeye…). Il y travailla comme intervalliste mais ne supporta guère les conditions de travail à la chaîne et le manque de créativité que cela implique. Il quitte très vite le studio qui lui aura permis d’apprendre à dessiner.
À cette époque, de nombreuses compagnies d’édition se livraient bataille sur le terrain du
comic book qui commençait à apparaître dans les rayons. Kirby intégra
Eisner & Iger, et travailla alors auprès du célébrissime Will Eisner, où il continua les
comic strips dans une multitude de genres comme le récit d’aventure, le western, la science-fiction et la comédie dans des titres tels que :
The Diary of Dr. Hayward, Wilton of the West, ou
The Count of Monte Cristo. Puis, durant cette période, il rencontra le dessinateur et éditeur Joe Simon avec qui il entamera une prolifique carrière.
Durant presque vingt ans les deux amis vont travailler comme dessinateurs indépendants (sous des pseudonymes) pour diverses maisons d’édition, dont
Timely Comics, future
Marvel.
Ensemble les deux compères vont révolutionner l’industrie et devenir des véritables stars dans le petit monde de l’édition. Peu de temps avant l’entrée en guerre des Etats-unis, ils lancent en mars 1941
Captain America. Alors qu’un mouvement de patriotisme souffle sur le pays, Kirby et Simon créent le premier super héros patriotique s’engageant dans des conflits contemporains. Steve Rogers est un simple soldat à qui l’on a inculqué un sérum pour le rendre surpuissant avec des capacités physiques hors du commun. Ce super soldat conduit alors les GI pour combattre les sbires du Troisième Reich, comme le Crâne Rouge son plus célèbre adversaire.
La réalité rejoindra la fiction car Kirby se vit enrôler en 1943 dans l’Armée américaine. Il participera d’ailleurs aux combats après le débarquement en Normandie en juin 1944.
Mais à son retour de guerre, les histoires de super héros intéressèrent beaucoup moins le public. Le grand talent de Kirby est de savoir sentir les modes, les goûts du public. Du coup il n’hésite pas, toujours avec Joe Simon, à faire une parodie du genre qui les a rendus célèbres et de leur héros fétiche avec
Fighting American.
Une parodie de Captian America dessinée par Jack Kirby Toujours dans une atmosphère morose pour le comic book, Simon et Kirby décident de devenir eux-mêmes éditeurs en créant
Mainline Publications. Malheureusement le succès n’est pas au rendez-vous des différentes séries qu’ils publièrent. Les deux compères mettent un terme à leur collaboration et vont désormais travailler en indépendants chacun de leur côté.