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Les héroïnes dans les films de Luc Besson : 1985-1997 [page 1]

La période 1985-1997 est marquée par des héroïnes sombres jusqu'à ce que Le cinquième élément marque l'avènement d'un nouveau type de personnages.

Par Magali MENIN - publié le 08 avril 2010 à 18h50
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Nikita, Léon, Le Cinquième élément : tous ces films signés Luc Besson appartiennent désormais à l'histoire du cinéma français. Si le cinéaste est à ce jour l'un des réalisateurs les plus importants et compte parmi les personnalités les plus influentes du cinéma grand public en France, il est de fait l'un des plus exposés aux critiques. Des rumeurs de plagiat à divers démêlés judiciaires, Luc Besson s'est souvent attiré les foudres de la presse, pourtant la plupart de ses films attirent en masse les spectateurs et connaissent le succès au delà des frontières de l'hexagone.

 

Les plus avertis n'auront certainement pas manqué de souligner que son dernier film, Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, met une nouvelle fois en scène une héroïne. C'est en effet une constante dans l'œuvre de Luc Besson. De Subway, à Léon en passant par Nikita et Arthur et les Minimoys, le réalisateur n'a eu de cesse d'articuler ses intrigues autour d'un personnage de femme-enfant, souvent dotée d'une force surprenante.

 

A l'occasion de la sortie des Aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, excessif.com vous propose un voyage dans l'univers des films de Luc Besson marqués par la griffe de ses héroïnes atypiques.

 

 

La période 1985-1997 est marquée par des héroïnes sombres jusqu'à ce que Le Cinquième élément marque l'avènement d'un nouveau type de personnages.

 

 

Subway (1985)

 

L'histoire : Après avoir dérobé des documents compromettants, un homme se réfugie dans l'univers fascinant et agité du métro parisien. Une impitoyable chasse à l'homme s'organise au cours de laquelle d'étranges liens se tissent entre le cambrioleur et sa victime.

 

Subway pose les jalons du style Luc Besson. Si Héléna n'est pas à proprement parler l'héroïne du film, ce personnage impose certains traits de caractère qui deviendront récurrents chez toutes les figures féminines créées par le réalisateur. Isabelle Adjani incarne une Héléna arrogante et un brin prétentieuse qui manie mieux les armes qu'elle ne cache sa fragilité.

 

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Nikita (1990)

 

L'histoire : Le braquage d'une pharmacie par une bande de junkies en manque de drogue tourne mal : une fusillade cause la mort de plusieurs personnes dont un policier, abbatu par la jeune Nikita. Condamnée à la prison à perpétuité, Nikita rencontre Bob qui lui propose de travailler secrètement pour le gouvernement en échange de sa liberté. Après un entraînement intensif de plusieurs années, Nikita devient un agent hautement qualifié des services secrets. Elle doit à présent mener en toute discrétion diverses missions sous couvert d'une vie banale et sans histoire.

 

Le postulat de départ est simple : Luc Besson met en scène de façon quasi linéaire le processus de restructuration de Nikita. Si les premières minutes du film font très rapidement comprendre que Nikita est le point névralgique du scénario, l'originalité du personnage réside dans sa condition initiale de victime. En effet, Nikita apparaît comme victime de la drogue, victime de l'entraînement qu'elle subit sans l'avoir véritablement choisi, mais aussi victime d'elle même comme en témoignent certaines crises de violence ou d'hystérie. Il paraît donc difficile de qualifier Nikita de femme combative si ce n'est lors des missions secrètes qu'elle mène à bien durant la seconde moitié du long métrage.

 

Pourtant Nikita se révèle une véritable guerrière qui s'efforce d'anéantir au sens propre diverses personnes gênantes mais surtout de vaincre la junkie incontrôlable qu'elle était. Le véritable combat de Nikita réside dans l'apprentissage à mener une vie normale, à aimer mais aussi à faire confiance. Dès lors, l'héroïne dévoile une extrême sensibilité et une maladresse dans les relations affectives qui contrastent fortement avec la rigueur et le sang froid dont elle sait faire preuve au cours de ses différentes missions.

 

Avec Nikita, Luc Besson brosse le portrait d'une femme fragilisée par un passé fait de dépendances et emprisonnée dans un présent qu'elle n'a pas choisi. Après les blessures infligées par une perte d'identité imposée, Nikita entame un parcours initiatique mettant à l'épreuve sa témérité et révélant une combativitié insoupçonnée chez la jeune femme.

 

 

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Léon (1994)

 

L'histoire : Un tueur à gages répondant au nom de Léon prend sous son aile Mathilda, une petite fille de douze ans, seule rescapée du massacre de sa famille. Bientôt, Léon va faire de Mathilda une "nettoyeuse", comme lui. Et Mathilda pourra venger son petit frère...

 

La jeune Mathilda est sans nul doute l'une des héroïnes les plus marquantes des films de Luc Besson. Incarné par Natalie Portman, le personnage de Mathilda possède une ambivalence repérable dès sa première apparition à l'écran. La douceur de ses traits encore enfantins, contraste avec la détermination dont elle fait preuve pour survivre. C'est d'ailleurs sur cette dualité que repose la relation qu'elle noue peu à peu avec Léon.

 

On pourrait penser que face à ce tueur à gages aussi froid que méthodique, l'adolescente n'a aucune chance de s'en sortir. C'est pourtant elle qui va prendre Léon dans ses filets en faisant preuve d'un charme naïf propre aux enfants de son âge, mais cette séduction naturelle n'en fait pas pour autant une héroïne. Mathilda gagne ses galons de petit héros en proposant un marché à Léon : ce dernier devra lui apprendre le métier de « nettoyeur » de bas-fond afin qu'elle puisse venger son petit frère. En échange, Mathilda s'engage à l'assister dans la vie de tous les jours. Une fois le pacte conclu, Mathilda devient tour à tour une femme au foyer et une apprentie guerrière. Léon lui apprend à tuer, elle lui montre le chemin de la tendresse. Cette double situation quotidienne fait de Mathilda la digne héritière de Nikita.

 

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Le cinquième élément (1997)

 

L'histoire : Dans un futur proche, un vaisseau extraterrestre explose à proximité de la Terre. Seule y survit une masse embryonnaire qui, récupérée par les militaires, se meut en une superbe jeune femme rousse prénommée Leeloo. Apeurée, celle-ci s'échappe du laboratoire avant de chuter sur le taxi volant de Korben Dallas.
Pris d'affection pour elle, Korben, l'aide à fuir et la conduit chez le père Cornelius, qui reconnaît en elle « le cinquième élément » seule arme connue contre le Mal incarné par une météorite gigantesque qui se dirige vers la Terre . Mais pour que la protection agisse, il faut retrouver les quatre pierres représentant les autres éléments.

 

Dans Le cinquième élément, Luc Besson reprend le thème du Space Opera qui met en scène la lutte éternelle entre les forces du Bien et du Mal. Si l'on retrouve chez Leeloo le tempérament intrépide et guerrier et l'immense besoin d'affection présents chez Mathilda et Nikita la jeune femme rousse n'en reste pas moins une héroïne atypique pour deux raisons. Premièrement, malgré son apparence, elle n'est pas humaine ; la comédienne a d'ailleurs appris 400 mots d'un vocabulaire inventé et tous les dialogues du film dans cette langue imaginaire. De cette particularité découle sans doute la seconde : Leeloo ne se bat pas pour le Bien, elle l'incarne en étant le cinquième élément.

De fait Leeloo reste un personnage a part et profondément marquant dans l'univers de Luc Besson qui semble avoir repris ses traits pour créer la Princesse Sélénia dans la trilogie Arthur et les Minimoys.

 

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