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Les Hippies au cinéma [page 1]

Par Nicolas Houguet - publié le 27 octobre 2009 à 00h00 ,
MAJ le 27 octobre 2009 à 16h58 - 0 commentaire(s)
Avec la sortie de Hôtel Woodstock de Ang Lee (le 23 septembre), on songe à une époque charnière du flower power, dans les prémisses d'un événement qui a profondément influé sur la culture populaire (musicalement, esthétiquement, spirituellement). Le mouvement hippie aux Etats-Unis s'est naturellement traduit au cinéma, apparaissant dans des oeuvres qui en portent l'esprit, dans des films devenus symboliques (Easy Rider, More, Hair ou Zabriskie point). C'est un moment de l'histoire dont on aurait voulu être, où la jeunesse affirmait ses idéaux, ses utopies et ses combats. Régulièrement, on a vu des rappels de ce souffle de liberté dans des oeuvres diverses (de Né un 4 juillet à The Big Lebowski). Une effervescence dont l'onde de choc n'est pas prête de s'apaiser et qui s'exprime toujours, quelques quarante ans plus tard dans des films singuliers et audacieux (Across the universe ou The Ballad of Jack and Rose). Retour sur ce glorieux passé.



Oeuvres de référence

Une oeuvre s'impose d'abord comme un manifeste, Easy Rider de Dennis Hopper, road movie anticonformiste et psychédélique (les paradis artificiels sont une composante importante du cinéma « hippie »). On suit donc l'odyssée de marginaux, à moto, s'élevant contre la mentalité étriquée de l'Amérique profonde. Peter Fonda et Dennis Hopper sont devenus d'inoubliables icônes de cette contre-culture. Leurs personnages ont une trajectoire résolument tragique (les rêveurs et les utopistes se heurtent à une norme violente et agressive). Ils croisent sur leur chemin d'autres insoumis totalement déjantés, en particulier le jeune Jack Nicholson dans une apparition d'anthologie. On est en 1968, le film est en phase avec l'esprit de l'époque. Le même Nicholson s'en est fait l'interprète en signant le scénario de The trip (tout est dans le titre), réalisé par Roger Corman en 1967 (avec les mêmes Dennis Hopper et Peter Fonda). Un homme y échappe à la dépression consécutive à son divorce en consommant du LSD. A des fins de recherches -bien-entendu-, l'équipe a fait l'expérience des effets de la substance et pour en restituer fidèlement les hallucinations (dans la pure tradition de l'actor's studio en somme). L'oeuvre est provocatrice, interdite pendant de longues années en Grande-Bretagne, car on y fait ouvertement la promotion de la drogue.



En 1970, après Blow up, Michelangelo Antonioni raconte un autre voyage initiatique et une histoire d'amour résonnant comme une parenthèse de liberté dans la Vallée de la Mort de Zabriskie Point. Un jeune homme, mêlé à la contestation qui fait rage dans les milieux universitaires de Los Angeles est soupçonné d'avoir tué un flic. Il s'enfuit aux commandes d'un avion qu'il a volé et rencontre une jeune femme avec qui il a une liaison amoureuse dans ce décor merveilleux. C'est une évasion hors du monde et de ses codes, avec l'avion qui se pare bientôt des couleurs utopiques dont les jeunes amants l'affublent dans leur cavale céleste. Mais là encore, plus dure sera la chute après cette parenthèse insouciante, amoureuse, frissonnante et libérée de toutes les contingences.

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