STAND BY ME « D’après une histoire de Stephen King », chaque année nous avons droit à notre petite adaptation de cet auteur prolifique. Certains films laissent même une plus grande empreinte que l’œuvre originale. Prenons le cas de
Stand By Me par exemple. Il s’agit de l’adaptation de la nouvelle « Le corps », tiré du recueil « Différentes Saison » (avec « Les évadés » et « Un élève doué »). Le film est réalisé par Rob Reiner, auteur du fameux « Spinal Tap » en 1984 et raconte la recherche d’un corps par quatre enfants. Bien entendu, cette recherche n’est qu’un prétexte pour se retrouver entre potes pour une partie de camping. Le film suit donc à la trace l’histoire de la nouvelle, en éludant la scène de sexe et en rendant les badboys un peu plus méchant que dans le livre. Il faut dire qu’avoir Kiefer Sutherland dans le rôle d’un meneur de gang, aide à rendre la chose un peu plus sérieuse que dans le bouquin.
Au niveau du casting, on retrouve
Richard Dreyfuss en narrateur, John Cusack dans l’un de ses premiers rôles en figure fraternelle ; et dans notre bande de gamins nous avons : Jerry O’Connell pas encore auréolé du succès de
Sliders, Corey Feldman sortant des Goonies, Wil Wheaton dans un de ses meilleurs rôles, et surtout River Phoenix d’un charisme toujours saisissant. Bref, un casting aux petits oignons, donnant beaucoup de prestance aux personnages, et malheureusement surtout lorsque la coupure de journal au début du film nous annonce la mort de Chris Chambers, résonnant tragiquement avec le décès de River Phoenix, son interprète.
Le film arrive donc à retranscrire cette ambiance « bande de copains », avec aussi une évocation des années 50 à travers les décors et la Bande Originale. Les scènes surgissent du livre avec beaucoup d’intensité, que ce soit le passage avec le train aux fesses, ou les sangsues sur le corps, on peut donc la classer au niveau des meilleures adaptations.
L.A. CONFIDENTIALAdapter James Ellroy, il y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes. Que ce soit Cop (1988) avec James Wood ou tout récemment Le Dahlia Noir, peu ont réussis à capter l’essence même du bouquin : l’univers et les personnages.
Pour le moment, un seul scénariste a pu y accéder : Brian Helgeland (Payback). Il s’est attaqué à un pari quasiment impossible : Comment faire pour tirer un film d’une histoire s’étendant sur 660 pages, qui est le troisième volet d’une tétralogie sur Los Angeles, et qui possède en outre trois personnages principaux s’entrecroisant sur une affaire qui dure pendant 8 ans ?
En éludant une énorme partie du livre, le scénariste a réussi à garder l’univers glauque du Hollywood des 50’s, et en éludant certains aspects du livre, il est parvenu à rendre le film complémentaire au bouquin : les moments d’absence du personnage de Vincennes, par exemple, s’expliquent en lisant le livre. Le lecteur se retrouve d’ailleurs surpris par la mort d’un des personnages principaux arrivant beaucoup plus tôt que dans le roman.
Si on y ajoute un réalisateur littéralement touché par la grâce (il n’a jamais réédité cet exploit) qui a sût capter le style glamour des 50’s aidé par un casting composé de jeunes talents Australiens ! Une honte pour les studios de la Warner qui s’attendaient alors à un casting purement Américain. Et pourtant, Curtis Hanson nous fait alors découvrir Guy Pearce (Memento) en Ed Exley, Russel Crowe en Budd White et donne la vedette à Kevin Spacey tout juste auréolé du succès d’Usual Suspect. Enfin, le film marqua aussi le retour d’une ancienne grande vedette du Blockbuster : Kim Basinger qui gagna l’oscar du meilleur second rôle cette année-là.
Bien entendu, le film se fit voler la vedette par un certain paquebot et dégringola du box-office. Mais parvint à rester dans nos esprits en étant une véritable réussite de tous points, et j’avouerais que je préfère même le film au livre. Mais ceci est un autre histoire...
Dossier rédigé par Kévin Dutot, Vincent Martini, William Couette, Nicolas Chestier, Nicolas Houguet, Nicolas Schiavi, Florent Kretz, David A., Nicolas Lemâle, Damien Duvot