La sortie prochaine de
Big Movie (04 avril) pose au moins une question d'importance dans ce monde cruel, une question existentielle même : "les parodies au cinéma sont-elles de simples filons opportunistes, machines à fric pour producteurs aux dents longues, ou révèlent-elles un humour décalé, preuve que le septième art peut aussi verser dans l'auto-dérision avec talent ?" Comme toujours, la réponse pioche sans doute dans les deux aspects, sauf que les derniers métrages du genre tendent à faire pencher la balance du mauvais côté... Il n'y a plus qu'à espérer que
Big Movie rééquilibre tout cela.
LE CINEMA FRANCAIS SAIT AUSSI SE MOQUERLE TELEPHONE SONNE TOUJOURS DEUX FOIS Jean-Pierre Vergne
1985
Contrairement à ce que laissait supposer l'affiche des
Trois frères, le premier vrai film réunissant Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Legitimus s'avère bel et bien être
Le téléphone sonne toujours deux fois, rapidement enchaîné dans leur période Petit théâtre de Bouvard, alors que l'appellation du groupe n'existait pas. Là où leurs productions suivantes surferont sur la satire, cette première comédie s'impose comme une bonne grosse parodie bien grasse des films noirs, digne d'un ZAZ, s'intéressant ici à un criminel bien particulier. Soit un infâme sadique qui piège ses victimes en les appelant depuis une cabine téléphonique, et se rend rapidement chez elles pour leur fracasser le crâne pendant qu'elles demandent qui est au bout du fil. Fin du fin, le monstre reconstitue un téléphone en leur enfonçant le cadran sur le front à grands coups de talons et en posant le combiné sur leur tête. Résulte de ce postulat complètement con – donc bon – une œuvre follement chouette baignée dans un burlesque de tous les instants, un anglicisme tordant - le générique du film
The telephone always rings twice s'offre un accent français coupé à la scie sauteuse – mais surtout un improbable casting de seconds rôles où se côtoient Michel Crémadès, Seymour Brussel le quatrième inconnu, Michel Galabru, Jean Reno, Michel Constantin, Julie Arnold (nue), Clémentine Célarié, Jean-claude Brialy, Darry Cowl, Patrick Sébastien, Dominique Pinon, Jean Yanne, et bien d'autres… Mémorable et inconnu du grand public, on reconnaît bien là les deux ingrédients principaux d'un film culte.
NOTE 7/10