Par La Rédaction - publié le 06 décembre 2007 à 23h04 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h31 - 0 commentaire(s)
Le grand plus de la chose réside tout de même dans la présence de David Zucker derrière la caméra, laissant de côté les excès de bistouquettes qui amusaient tant les frères Wyans pour du burlesque totalement visuel dans lequel le réalisateur excelle depuis Hambuger Film Sandwich et Y a t'il un pilote dans l'avion. Bien entendu, on n'atteint jamais ici le paroxysme passé, mais on se surprend encore à s'amuser devant un coup de feu tiré en l'air, toujours par le fameux Tom, pour éloigner les vandales qui essaient de voler sa voiture, avant de voir s'écraser en arrière plan un type avec son delta-plane.


Au rang des réjouissances, on retiendra également le propriétaire de Cindy qui essaie de cacher la touffe de cheveux qui virevolte au plafond, le fantôme désarticulé qui se casse la gueule dans les escaliers, un Michael Madsen dans la peau de Tim Robbins dont le plan pour se débarrasser des tripodes consiste à construire un autre tripode à 4 jambes, les pièges de Jigsaw façon arbalète/godemiché qui se déclenchent en 30 secondes, ou encore des macaques qui pilotent des grues de contremaître. De la gratuité pure, grandement assumée, mais qui trouve surtout son paroxysme dans l'hallucinant sadisme qui manquait tant dans les épisodes précédents et qui s'acharne un maximum sur les plus faibles. Si les vieilles dames handicapées en prennent pour leur grade, ceux qui exècrent la petite Dakota Fanning seront aux anges tant son binôme en prend plein la tronche durant tout le film, avant d'obtenir une proposition des plus salaces par un Michael Jackson qui se balade sur les champs de batailles accompagné d'autres enfants terrorisés.


Très souvent gras, suivi de quelques uns de nos rires qui ne le sont pas moins, Scary Movie 4 démontre malheureusement qu'entre quelques fous rires bien sentis, le film s'égare tout de même dans ses propres excès du dernier quart d'heure, comblant ses baisses de régime par des gags bouche-trou (tout ce qui peut se recevoir en plein visage, facilités scatologiques) en plus de prolonger son référencement dans l'univers people américain, là où nous Français seront littéralement largués. Bien malin seront ceux qui comprendront encore dans quelques mois le détournement du Oprah Winfrey Show – pourtant très drôle ici – ou les allusions à Russel Crowe et ses "coups" de téléphone qui relèvent plus du sketch sur grand écran que d’un vrai comique de situation. En revanche le monde entier pourra rire de Leslie Nielsen, toujours dans le rôle du président des Etats-Unis, et sa parodie assez osée de George Bush apprenant dans une école que le monde est attaqué ("je veux connaître la fin de l'histoire avec le canard !").


En restant constamment petite joueuse sur ses pastiches, la saga Scary Movie semble assumer le risque de ne plaire qu'une seule et unique fois à chacun de ses volets, mais s'offre par la même occasion une opportunité en or de pondre autant de suites qu'il est possible d'en imaginer. Ou tout du moins d'en faire une cadence suffisamment soutenue tant que le cinéma américain proposera des films à succès. Auquel cas nous prendrons Scary Movie 5, 6, 7, 8 et tous les autres comme nous prenons aujourd'hui ce Scary Movie 4 : comme un produit fast-food dont on accepte volontiers une petite bouchée en attendant le suivant. Ca ne nourrit pas son homme, mais ça calme les aigreurs.

NOTE 5/10


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