ON TOUCHE LE FONDSCARY MOVIE 4David Zucker
2006
Nos souvenirs de
Scary Movie ne sont pas faramineux. Pop corn movie vite ingurgité, vite oublié dont le premier volet n'avait aucun sens en soi - si ce n'est celui de relancer les spoofs – puisqu'il tentait de parodier au plan près le
Scream de Wes Craven qui était déjà lui-même une satire du slasher. Pas plus malin, le second avait au moins le mérite d'élargir son originalité en ratissant dans le paranormal, et le troisième ne laissait pratiquement aucun souvenir. Une saga bas de gamme dont nous n'attendions plus rien. Pourtant, là où la franchise peinait sérieusement à nous arracher quelques rictus, le quatrième volet du "film qui fait peur" fait surtout rire. Pas à gorge déployée, ni finement, la recette restant essentiellement la même. Mais le film amuse par moments avec surprise, puisque entre deux lourdeurs propres au genre, surnagent quelques délires assez efficaces. Reste à savoir au bout de combien de fois nous nous lasserons de ces portes claquées en pleines figures.

Pour arrondir ses fins de mois, Cindy Campbell s'occupe d'une vieille dame totalement incapable d'effectuer le moindre mouvement ni de parler, dans une maison des plus étranges. Une ambiance qui tétanise la jeune femme d'autant plus qu'un petit fantôme amateur de sashimi hante le grenier. Son charmant voisin Tom Ryan, père indigne, ne lui sera d'aucun secours puisqu'au même moment les extra-terrestres décident d'exterminer la race humaine avec leur Ipod géant. Pour sauver leurs vies, leurs amis, leurs familles et leur amour naissant, Cindy et Tom vont devoir s'associer pour… se démerder tout seuls.Ce n'est pas un scoop,
Scary Movie n'a jamais eu pour vocation de conserver l'étendue de sa folie à travers les années et perpétue en quelque sorte le concept de film jetable. Ce cinéma qui mise toute son efficacité sur la pauvreté cinéphilique du jeune public américain visé, en jouant à fond la carte des références encore toutes fraîches. Mais encore faut-il avoir vu les nombreux films en question pour pleinement apprécier les références, le noyau de l'intrigue croisant ici
La Guerre des mondes avec
The Grudge, en bifurquant ensuite vers
Le Village et
Saw. Etrange contrainte avantageant essentiellement les cinévores qui n'ont cessé de squatter les salles ces deux dernières années, à défaut d'une vraie richesse ou passion pour le cinéma.
Un énorme inconvénient qui rend chacun des opus rapidement désuet puisque les nombreux gags collent parfois au dialogue près du film parodié, ce que l'on ne saisira plus nécessairement dans quelques années. A prendre pour exemple une séquence où le fameux Tom félicite son ex femme d'être enceinte, là où le vrai Tom Cruise complimentait également Miranda Otto dans
La Guerre des monde. En lieu et place du "
Merci" chez Spielberg, nous avons ici droit à un nerveux "
Je ne suis pas enceinte, connard !". Alors oui, comme ses prédécesseurs,
Scary Movie 4 risque de devenir rapidement pénible à partir du deuxième visionnage, mais la plupart de ses gags, aussi lourdingues soient-ils, font étrangement mouche pour peu que l'on accepte l'euphorie générale.