Par La Rédaction - publié le 05 septembre 2008 à 14h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 18h03 - 0 commentaire(s)
LE JOKER (THE DARK KNIGHT)
Impossible de ne pas saluer la prestation de Heath Ledger dans The Dark Knight. Passer après Jack Nicholson qui avait marqué le personnage de son sceau avait tout d'une gageure. Mais l'approche fantaisiste de Tim Burton appelait une extravagance clownesque, ce qui n'est pas le cas de Chistopher Nolan. Ainsi Ledger compose un personnage d'une folie authentiquement terrifiante.



Il est un psychopathe manipulateur à la présence dérangeante, envoûtante. Il étend son ombre gigantesque sur le film. On est pendu à chacun de ses mots, chacun de ses tics qu'il adopte en permanence comme des ponctuations dérangeantes, dissonantes (ce claquement de babines discret qui entrecoupe sa diction et le rend répugnant). Il y a son sadisme, également, qui semble sans limites. Il devient le bad guy absolu, obsédant, inquiétant, totalement imprévisible, anarchiste. Nolan a glissé dans sa bouche même une pensée très forte : lorsqu'il menace le maire, la ville est en émoi. Lorsqu'on bombarde une ville en faisant des milliers de morts, la nouvelle est accueillie dans l'indifférence générale. Pour la première fois depuis des lustres, le méchant a des convictions plutôt troublantes. La folie superlative, la précision raffinée du jeu de l'acteur l'inscrivent dans la légende. Face à la perfection de cette ultime performance, sa mort apparaît comme un effroyable gâchis. Il n'y avait pas de limites au registre de ce prodige...



Dossier rédigé par David Brami, PitouWH, Nicolas Houguet, André Côte, David A.
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