Grandes plaines désertiques, infini intergalactique, profondeurs sous-marines ou vastes étendues aquatiques, le cinéma nous entraîne parfois dans des lieux bigger than life. La rédaction dvdramienne vous convie à ré-explorer ces grands espaces du septième art.
IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUESTLe choix peut paraître facile, mais quand on parle de grands espaces,
Il était une fois dans l'Ouest entre aisément dans le panthéon de tête. Sur cette histoire de vengeance et d'héritage convoité, Sergio Leone filme le grand Ouest comme un immense terrain de jeu ; un lieu appartenant déjà au passé en référence à une époque en pleine mutation. Le chemin de fer représente la voie de l'évolution technique qui sortira le secteur de son côté sauvage. La bataille qui se trame dans le film prend ainsi des proportions très humaines et le désert devient le théâtre de tragédies humaines diverses. Ainsi les confrontations armées chères à Sergio Leone prennent place dans un univers vaste où traînent les fantômes du passé en quête d'apaisement. Comme souvent chez le cinéaste, les drames humains habitent littéralement la vastitude de la scène, et le temps se fige l'espace d'un regard, se dilate pour capter l'indicible, puis s'accélère fatalement jusqu'au funeste destin de nos héros. Oeuvre magistrale par essence, nous y apprécions aussi une profondeur de champ étonnante où il fait bon s'y perdre...

BADLANDS (LA BALADE SAUVAGE)Ce qu’on retient de
Badlands (
La Balade Sauvage), à part le fait que le film marquera l’histoire du cinéma à jamais, c’est la fuite de Martin Sheen (Kit) et Sissy Spacek (Holly) à travers les plaines du Nebraska. Comme Terrence Malick filme Dame Nature comme personne, l’oeuvre gagne en incandescence, brûlant la pellicule dans des plans généraux crépusculaires et qui touchent au divin. Bras en croix sur son fusil, dans un soleil couchant pris sur le vif par une équipe technique flexible, Kit fait face à l’horizon dans la poussière d’une terre désertique et comme un fantôme de James Dean. Les paysages se succèdent et les autorités se rapprochent du jeune couple qui bat de l’aile.
Badlands n’est pas une histoire d’amour, mais le récit d’une méprise entre deux adolescents emportés dans une spirale affective, certes, mais terriblement vaine. Ces Bonnie & Clyde immatures se noient donc dans des décors américains d’antan, ceux du Vieux Ouest aujourd’hui fatigué, et auxquels seuls les frères Coen ont su très récemment rendre hommage. Ces derniers semblent dévorer leur innocence à jamais perdue.