Par Gilles Botineau - publié le 13 novembre 2008 à 13h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 19h33 - 0 commentaire(s)
Généralement dans une oeuvre, les "vilains" demeurent les personnages les plus marquants, à condition d'avoir un style original et des ambitions démesurées. A l'instar des Américains, le cinéma français n'en manque pas et peut se vanter même d'en posséder parmi les plus beaux spécimens au monde. Mais finalement, qu'entendons-nous par "VILAIN" ? Si nous nous basons sur le sens propre mais aussi figuré, deux possibilités s'offrent alors à nous. Le terme désigne donc un être qui n'est pas beau, ou tout simplement mauvais, voire parfois les deux en même temps.
A l'occasion de la sortie en salles du premier film réalisé par Jean-Patrick Benes et Allan Mauduit, Vilaine, revenons sur une sélection subjective de ces figures mythiques au sein de notre cinéma, qu'ils soient avares, racistes, bêtes ou méchants. Tous différents, ils agissent pour des raisons qui leurs sont propres, pour ensuite changer de camp ou, dans le cas contraire, disparaître à jamais.
Nous vous invitons évidemment à compléter notre sélection avec vos vilains les plus marquants du cinéma français dans les forums !


MADAME BILLARD - TATIE DANIELLE

A la mort de sa gouvernante Odile, Mme Billard, veuve du Colonel Edouard Billard, est recueillie par ses charmants neveux sans connaitre sa passion : faire le Mal ! Le champ de bataille s'élargit donc pour Tatie Danielle, exerçant désormais sa tyrannie sur un plus grand nombre de victimes. Réalisé par Etienne Chatilliez en 1990, le film offre à la comédienne Tsilla Chelton son plus grand rôle au cinéma, celui d'un monstre sous l'apparence d'un ange, finalement intouchable. En effet, qui oserait imaginer qu'une dame âgée puisse être douée de méchancetés aussi abjectes ? Par ailleurs, l'humoriste Didier Bénureau l'évoque magnifiquement dans l'un de ses sketches : "C'est formidable de vieillir... Car on vous pardonne tout !". Tatie Danielle le sait très bien, et l'exploite ici au maximum. Elle a ainsi recours à de nombreux vices, tels que la paresse mais aussi et surtout la gourmandise, dévorant inlassablement moult éclairs au chocolat, avant de tirer la langue à tous ceux qui osent lui sourire. Même la mort de sa bonne ne réussit pas à lui tirer une petite larme; bien au contraire, elle continue à couvrir cette pauvre femme de reproches. Rien ne l'effraie car elle n'attend en fait qu'une seule chose : la Mort, et ce, afin de rejoindre son "tendre" époux au Ciel. Lui seul finalement semblait posséder une certaine autorité sur elle. Mais l'arrivée d'Isabelle Nanty, interprétant une gouvernante au caractère bien trempé, change rapidement la donne, réussissant à la mater, voire à l'amadouer. Tatie Danielle nous apparaît donc tel un conte moderne, au ton satirique, donnant ainsi au public une image nouvelle de l'ancienne génération. L'affiche nous annonce "Vous ne la connaissez pas encore... Elle vous déteste déjà". Et bien nous, nous l'aimons quand même ! Vive les vieux !



COLLIGNON - LE FABULEUX DESTIN D'AMELIE POULAIN

Dans cette belle histoire mettant en scène une jeune parisienne qui cherche à faire le bien autour d'elle, il se devait d'y avoir un "méchant" digne de ce nom : ce sera Collignon. Epicier raciste et franchouillard, il maltraite verbalement, et avec un malin plaisir, son employé Lucien, sous le regard impassible de ses clients inertes. Urbain Cancelier campe cet odieux personnage. A l'instar de nombreux "vilains" français, l'homme est avant tout ici un lâche, et s'attaque généralement à plus faible que lui, ne prenant ainsi aucun risque. Le réalisateur Jean-Pierre Jeunet le met en scène d'une façon caricatural en le filmant généralement par le biais de très gros plans, faisant ressortir ses principaux défauts et autres énormités physiques, au point de paraître finalement totalement ridicule. Le personnage sera finalement puni par Amélie qui lui joue différents tours, dans le but de venger ses principales victimes. Par exemple, lui qui a toujours eu le sens de la réplique se retrouve ainsi pris au piège de son propre jeu, en recevant notamment de la part de la jeune femme l'attaque suivante : "Vous au moins, vous ne risquez pas d'être un légume, puisque même un artichaut a du coeur". Casséééééé !!


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