Avec l’arrivée sur nos écrans du film
Max la Menace, encore une fois, une série se trouve adaptée au cinéma, et encore une fois, nombreux commentaires sur le film mettent en avant la «
mode récente d’adaptation de séries ».
Comme souvent, ouvrons donc le petit Larousse illustré pour en comprendre le sens. Mode : n.f. (lat.
modus, manière) Usage passager qui règle, selon le goût du moment, la manière de vivre, s’habiller, etc.
Récent : adj. (lat.
recens, frais). Nouvellement fait ou arrivé.
Si l’on commence à penser au fait que les premières adaptations de séries en films ont débutées avant même la carrière de Kevin Costner, il semble s’agir véritablement de la mode la plus longue du monde. Afin de remettre les pendules à l’heure, revenons alors sur les adaptations de séries au cinéma, et les différentes formes qu’elles peuvent prendre.
L’ADAPTATION Si l’on prend le sens premier du terme (et à nouveau, on rouvre notre Larousse de 1972), l’adaptation est une transposition à la scène ou à l’écran d’une œuvre littéraire dans un genre différent. Etant donné qu’ici, ce n’est pas réellement l’œuvre littéraire qui nous intéresse, on en déduit en tout cas qu’il s’agit de transposer un univers connu dans un autre style. Dans le cas de
Max la Menace, par exemple, c’est prendre les bases de la série avec d’autres acteurs, et donc Steve Carell dans le rôle principal, adapté à notre époque, en résulte un film beaucoup moins drôle que la série originale (mais avec beaucoup plus d’action, Anne Hathaway et Dwayne Johnson, ce qui n’est pas négligeable). A en croire les mentalités, il s’agirait de ce genre d’adaptation qui serait à la mode aujourd’hui, mais si l’on remonte le temps d’années en années, on remarque que l’adaptation des séries au cinéma n’a vraiment jamais disparu de nos écrans. J’éviterais cependant de prendre les exemples Français, car pour une seule réussite comme
les Brigades du tigre, il existe beaucoup trop de mauvais films tels que Vidocq, Belphégor ou autres
Absolument Fabuleux. Restons donc américains pour le moment.
Charlie et ses drôles de dames par exemple, dont le premier film date de 2000 avec un trio composé de Cameron Diaz, Lucy Liu et Drew Barrymore dans une sorte de second degré assez déroutant, suivi d’une suite en 2003 avec un casting impressionnant, John Cleese, Matt Leblanc (alors auréolé du succès d’une autre série), Robert Patrick, Luke Wilson, Demi Moore et le regretté Bernie Mac. Ces deux films eurent un succès assez conséquent, et lancèrent la vague d’adaptations pour nostalgiques des années 70 - 80 (on était d’ailleurs en pleine période Revival avec tous les chanteurs de l’époque qui revenaient hanter nos petits écrans, et qui les hantent toujours). Citons donc par exemple Shérif, fais-moi peur : le film avec Sean William Scott et Johnny Knoxville qui respecte assez l’esprit de la série originelle, en se prenant le luxe d’avoir Burt Reynolds dans le rôle de Boss Hogg, et dont la vraie star du film (et du show) reste encore et toujours la fameuse voiture General Lee. Autre série, autre voiture, Starsky et Hutch, avec la fameuse Ford Gran Torino, dans un film parodique avec Ben Stiller et Owen Wilson dans le rôle titre, Vince Vaughn en méchant et Will Ferrell en tatoueur de dragon. Si le film parvient à recréer le style démodé de la fin des 70’s, il manque tout de même cruellement de panache, n’ayant en tout et pour tout qu’une poursuite (fade) en voiture.

Ce qui n’est heureusement pas le cas du Miami Vice – le film de Michael Mann, basant son action de nos jours dans un style contemplatif ébouriffant. A ce jour encore l’une des meilleures adaptations de séries au cinéma. Ajoutons aussi l’exemple du
Hulk de Louis Leterrier, reprenant directement la musique du générique de la série originale, et se permettant la voix de Lou Ferrigno, le Hulk d’origine, pour la V.O. du géant vert. Notons l’effort louable d’adapter la série
Scooby-doo sur grand écran, qui, même si les films ne sont pas d’une qualité exceptionnelle, parviennent toutefois à procurer un plaisir coupable, en ajoutant aussi une bonne relecture du dessin animé (le scooby gang qui ne se supporte plus). Prenons aussi l’exemple d’
Alvin et les Chipmunks, qui, adapté d’une série animée, tirée d’un vieux groupe de musique, parvient toutefois à amuser les enfants pendant un moment (une suite est d’ailleurs en chantier). N’oublions pas aussi les oubliables
Fat Albert, Les Sentinelles de l’air et Ma Sorcière bien aimée, qui peinent à retranscrire l’univers des séries (en plaçant
Fat Albert dans le monde réel, les Sentinelles de l’air en live et Ma sorcière bien aimée dans une mise en abyme dispensable).