En tant que producteur, quel regard posez-vous aujourd’hui sur le cinéma français, la crise économique va-t-elle selon vous mettre en péril la production de certains films, renforcer les difficultés ?C’est terrible, mais étrangement, je n’ai pas d’avis très prononcé sur ce sujet. J’ai l’impression que ce qui se passe avec le service public et le sous financement qui s’annonce, je ne sais pas ce que ça va donner, c’est plus probablement un effet d’annonce qui me déplaît. Les films ne rentrent pas tous dans les mêmes cases, sont destinés à des diffuseurs différents et ce qui m’effraie c’est de ne plus pouvoir faire à l’avenir des films ayant des budgets assez importants avec le service public car ils n’auront plus la possibilité de les financer. En revanche c’est effectivement formidable que d’ouvrir des portes pour des films plus confidentiels, plus auteurs, mais cela ne correspond pas forcément à l’attente des spectateurs qui n’auront pas les films qu’ils recherchent. Je ne crois pas aux 120 millions que l’on nous promet. C’est une ineptie selon moi d’interdire la publicité sur le service public, mais je n’ai pas de visibilité pour en parler. Maintenant est-ce plus dure aujourd’hui de produire des films ? Je ne m’en rends pas compte, du moins pour le moment, ce qui est certain c’est que les chaînes publiques achètent moins de films et il y a une concurrence énorme. Il faudra probablement trouver de nouvelles voies pour produire les films, des métrages plus courts par exemple, se tourner éventuellement vers internet. Les copies numériques vont nous faciliter les choses. Sur
Deux jours à tuer, j’ai eu près de 450 000 € de frais de copie, ce qui signifie qu’il est nécessaire de monter au moins à 900 000 spectateurs pour être bénéficiaires, c’est particulièrement contraignant. On aura peut-être plus de mal dans l’avenir à monter des films, mais les sortir coûtera moins cher. Aujourd’hui c’est la jungle, mais d’une certaine façon ça l’a toujours été, avec des problèmes différents.
Quels sont vos prochains projets ?En dehors de
Je te mangerais, je vais prochainement produire un film que je vais réaliser,
Les papas du dimanche. J’en termine actuellement le scénario, c’est un film qui m’est assez personnel, dont je me sens proche, du coup je n’ai pas envie de le confier à un autre réalisateur. Parallèlement, dans la famille nous avons une passion pour
Les trois mousquetaires, c’était le livre de chevet de mon grand-père, c’est celui de mon père, nous avons plusieurs fois essayé de le monter mais à chaque fois d’autres réalisateurs se penchaient des projets similaires, aujourd’hui nous avons un créneau possible, avec des partenaires qui sont motivés.
Et qui jouerait le rôle de d’Artagnan ?Probablement un inconnu car dans le roman il a 18 ans et découvre la vie. Nous voulons vraiment une version de
Les trois mousquetaires proche du roman d’Alexandre Dumas, qui soit aussi populaire que le fut à l’époque le livre, car Dumas était un auteur populaire.
Propos recueillis par Sophie Wittmer