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Mai 68 : Films, Dvd Et Cinema [page 4]

Par Jean-Baptiste Guégan - publié le 13 mai 2008 à 06h05 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 14h49 - 0 commentaire(s)
Cette tentation se poursuivra la même année d’ailleurs par un autre film Coup pour coup de Marin Karmitz. Ce dernier inaugure dans un mélange de fiction et documentaire, le récit d’une occupation romancée et porteuse de toutes les figures imposées du genre, sans négliger une seconde le pouvoir du cinéma à montrer l’aliénation et l’autoritarisme patronal d’alors. Vaste coup de poing que prolongeront longtemps et d’autre manière, nombre de récits de lutte, Coup pour coup dans une veine plus noire et réaliste de l’après fordisme dont se moquait Les Temps Modernes fait date. Mais, il n’est pas seul car penser le cinéma à l’aune de Mai 1968 et de son impact, c’est songer à des films comme Au feu, les pompiers de Milos Forman sur le devenir d’une jeunesse que l’on voudra briser de l’autre côté d’un rideau qui mettra encore deux décennies à tomber.


1968, c’est également songer à La Salamandre d’Alain Tanner daté de 1971 où rayonne Bulle Ogier, film qui sonde l’après avec une noirceur délétère plus acerbe qu’amère. C’est aussi se rappeler que Godard a tourné Tout va bien, métrage de 1972 qui permit de refaire un point sur les évènements des années plus tard et d’en tirer une peu glorieuse conclusion. On se remémorera aussi l’apparition de Solo, le film de Jean-Pierre Mocky et celle en 1990 de Milou en mai, le film de Louis Malle où l’écho des mouvements parisiens gagne une famille endeuillée. Ainsi, et sans souci d’exhaustivité, on se rend compte que Mai 68 a engendré un renouvellement sans nom de ce que fut et sera à partir de là, le cinéma français, ouvrant la porte au cinéma des années soixante-dix où polar et noirceur politique domineront (l’œuvre à venir de Costa-Gavras, La Maman et la putain de Jean Eustache…).


Fondateur et pourtant honni parce que profondément révolutionnaire, ce mois de Mai reste comme un Eden à cultiver, un horizon dont il faudrait s’inspirer mais qui laisse songeur quant à ses marges et le cinéma s’il en est la meilleure preuve, ne peut se dédouaner de l’influence de ces semaines sur son état et les films qui en naîtront. Et c’est justement ce que nous prouve cette rétrospective filmique dans souci d’exemplarité marquée qu’elle est du sceau de la diversité, de la radicalité et de l’innovation.

Jean-Baptiste Guégan

PS : Pour compléter de tels visionnages, on conseillera la lecture du numéro de mai de l’Histoire et celle des numéros hors série et spéciaux réalisés par Télérama et L’Humanité pour l’occasion.
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