FIN DE CARRIERE ET CRAINTE D’UNE FIN DE VIE ?L’adrénaline en moins, l’homme sur lequel tout le monde porte un avis, succombe alors à ses faux amis et laisse ses vices l’emporter. Drogue, nourriture et excès vont alors porter la longue et interminable chronique médiatique de ses dix dernières années. L’aura du footballeur d’exception est écornée et trop nombreux sont ceux qui oublient ce qu’il a fait. Au point que lorsqu’au plus mal, il multiplie les hospitalisations d’urgence et les séjours cubains pour se reposer, c’est à un véritable mouvement populaire auquel on assiste, médusés. Le peuple argentin s’est levé et pleure, n’ayant de cesse d’acclamer et d’encourager l’homme qui a porté l’art du ballon au rang d’art enchanteur puis maudit. Et c’est justement l’histoire de cet homme autant que celle du jeu que s’accapare Kusturica pour mieux nous livrer le récit d’une tragédie moderne qui pour l’heure s’achève dans un sourire.


Réhabilité, remis en forme et pas le dernier pour se faire remarquer et dans le jeu et dans la vie, Maradona n’a donc pas terminé d’être l’imprévisible homme que l’on sait et ce n’est pas
Maradona qui nous démontrera le contraire. Nourri par la passion et l’engouement aveugle, c’est en effet un être enflammé qui se laisse entendre et découvrir. Et quoique l’on puisse penser des diatribes libertaires et politiquement exagérées qu’il n’a de cesse de livrer aux côtés d’Hugo Chavez et consorts, Maradona n’est pas mort et pour toujours, le souvenir de ce footballeur de génie restera gravé. Dans l’esprit fier des argentins et pour tous les amoureux de ce jeu planétaire qui ne devrait être fait que d’émotion, de talent et ne s’animer que d’une juste adversité. Maradona est mort, vive Diego…