Par - publié le 02 septembre 2008 à 09h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 17h55 - 0 commentaire(s)
Inconsciemment ou non, Martyrs convoque un certain nombre d’archétypes appartenant à des sous-genres du fantastique. Cela tient autant du rape and revenge, de la ghost story, du slasher, du torture movie au thriller à suspense. Mais attention aux contresens : si ce magma change de genre en même temps qu’il change de direction toutes les quinze minutes, il n’a rien de post-moderne ou de la théorie façon Michael Haneke (ce que Laugier abhorre par-dessus tout). Même si Martyrs ne ressemble qu’à lui-même, son auteur en dissèque volontiers les héritages. Décryptage ci-dessous.

Projet : réaliser un film d’horreur qui ressemble à son auteur.



«J’ai plus été tenté de manière purement archaïque de proposer une nouvelle variation horrifique que de se poser des questions. J’aime les propositions de genre qui essayent de faire vivre le genre en posant des questions originales. J’ai voulu conserver un mode d’expression personnel. Hélas, dans l’époque actuelle, le film d’horreur croule sous le post-modernisme, la citation, la mise à distance. Peut-être parce que nous sommes dans une époque qui ne croit plus en la valeur primitive des histoires. Et j’ai une passion intacte pour les cinéastes qui perpétuent cette tradition, qui prennent à leur compte ce que le genre a légué. Non pas pour le commenter mais pour continuer à le faire avancer. C’est pour ça que j’aime des films comme The Invisible, L'orphelinat, Dark Water, Silent Hill ou même The Devil's rejects (alors que je déteste Grindhouse). Parce qu’ils se croient toujours comme au premier jour avec une dimension viscérale intacte. C’est pour ça aussi que j’adore un réalisateur comme M. Night Shyamalan. Et quel que soit le niveau de réussite de chacun, ce sont des films importants pour moi parce qu’ils continuent à faire que je me lève le matin en pensant qu’on peut encore raconter des histoires. Au fond, rien n’a été raconté : il faut toujours remettre le couvercle. On peut encore faire des films de vampires sublimes, encore faire des films de fantômes puissants et tout ça reste à faire.»


Vos réactions


logAudience