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Me Voici, Je Suis Mel Brooks ! [page 1]

Par Damien Duvot - publié le 12 septembre 2008 à 16h01 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 18h13 - 0 commentaire(s)
Pour la sortie au cinéma de l’adaptation de la série Max La Menace, revenons un instant sur son créateur : l’immense Mel Brooks. Car depuis plus de 50 ans, ce comédien continue à squatter le grand et le petit écran, en ajoutant Broadway. Depuis sa participation au Sid Caesar’s show of the show, jusqu’à la toute récente série d’animation tirée de sa folle histoire de l’espace, Mel Brooks n’a pas fini de nous surprendre.



Né Melvin Kaminsky, empruntant son nom de scène à sa mère (née Brookman), et issu d’une famille peu aisée de Brooklyn, Melvin perd son paternel à l’âge de 2 ans, emporté par la tuberculose. Traité par ses grands frères (dit-il) comme un « animal de compagnie », le jeune Kaminsky découvre son talent pour faire rire en faisant le Tummler. Etant donné que la majorité des internautes n’ont pas vécu à New York dans les années 40, expliquons ce qu’est un « Tummler ». Dérivé d’un mot juif, le job du Tummler est de divertir les baigneurs au bord des piscines à l’aide de sketches, afin que personne ne s’assoupisse. Le numéro favori de Mel était de se mettre au bord du plongeoir en tenue de businessman et de sauter à l’eau en criant : « le travail ne rapporte plus ». Après ces débuts fracassants, il s’enrôle à l’âge de 17 ans dans l’armée américaine, et après avoir passé les débuts de la guerre aux USA en nettoyant les toilettes en chantant, il fut envoyé au front dans l’infanterie. D’abord au Nord de l’Afrique, puis en Allemagne, Mel sera même récompensé pour sa bravoure en allant réparer les communications qu’il a lui-même cassées. En effet, avec sa troupe, il pariait à qui viserait le mieux les fils électriques, ce qui, bien évidemment, coupa net les transmissions. En tout cas, il se porta volontaire pour trouver les éventuels responsables, ce qui lui donnera droit à sa fameuse médaille. Outre les récompenses, ces années de guerre lui seront aussi utiles pour la suite des évènements.

Il sera remarqué par le comique Sid Caesar (C’est un monde fou fou fou) en passant l’audition avec une chanson intitulée « Me voilà, je suis Melvin Brooks », puis travaillera jusqu’en 1958 comme scénariste sur le Sid Caesar’s show of the show. On peut voir un peu de l’ambiance de l’époque dans le film Où est passée mon idole ? de 1982, produit d’ailleurs par Brooks. C’est en 1963 qu’il fait ses débuts de réalisateur pour le court métrage Le critique, où il obtient son premier oscar d’une longue lignée. En 1968 il surprend tout le monde avec son long métrage Les Producteurs, contant l’histoire de deux producteurs véreux qui tentent de monter une comédie musicale sur Hitler. Le film montre comment Max Bialystock, ancien nabab de Broadway, découvre grâce à son comptable Leo Bloom (Gene Wilder) qu’un flop peut être beaucoup plus profitable qu’un succès, à condition de frauder, bien évidemment. Ils décident donc de trouver la pire pièce qui peut exister, Springtime for Hitler, une comédie musicale à la gloire du dictateur. Aidé par le pire metteur en scène de tous les temps, Roger de Bris, ils découvrent alors le pire acteur ayant existé : Lorenzo St DuBois, dit L.S.D. (Dick Shawn, tellement populaire dans le rôle que sa carrière en a pris un coup). Bien évidemment, malgré tous les pronostics, la pièce est un succès ; au contraire du film qui fit un flop (sans compter les millions de lettres de menaces reçues par Brooks). Néanmoins, l’énorme succès critique du film (et l’obtention d’un oscar du meilleur scénario) lui permet de continuer sur sa lancée, et comme dit Mel : « Le box-office n’est rien, avec les années, on se souviendra surtout de la qualité du film ».



Entre temps, en 1965, en pleine période de films d’espionnage grâce au succès d’un agent plus tellement secret, Brooks se lance à la télévision dans la série parodique, et crée Max la Menace, l’espion à la chaussure téléphone. La série perdurera d’abord pendant cinq ans, avant de revenir fréquemment sur les chaînes américaines : deux téléfilms en 1980 et 1985, puis une nouvelle série composée de 7 épisodes en 1995, toujours incarné par le talentueux Don Adams. Aujourd’hui, le show se décline sur grand écran dans une comédie d’action, où l’agent Maxwell Smart est cette fois-ci joué par l’excellent Steve Carell.


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