Parfois le visage d'un acteur marque l'histoire d'un genre. Douglas Fairbanks ou
Errol Flynn pour les héros bondissants, Shirley Temple l'éternelle enfant star, Fred Astaire ou
Judy Garland pour la comédie musicale.
Meg Ryan est en quelque sorte l'héritière de cela, une charmante frimousse, une blondeur craquante et un regard malicieux qui ont fait d'elle la reine de la comédie romantique durant les années 90. Elle a été l'égérie marquant le renouveau du genre avec
Quand Harry rencontre Sally. On se souvient de sa fraîcheur, de son énergie et de son ingénuité aux côtés de
Tom Hanks (dans
Nuits Blanches à Seattle ou
Vous avez un message). Cependant lorsqu'elle a voulu s'éloigner de cette étiquette trop sclérosante (notamment dans
In the cut de Jane Campion), elle n'a pas eu le succès escompté. Tombant dans une certaine disgrâce à la suite de cela, elle revient à son genre de prédilection avec
The Women de Diane English (
sortie le 3 Juin).
Egérie de la comédie romantique Meg Ryan, de son vrai nom Margaret Mary Emily Anne Hyra, naît en 1961 de parents professeurs dans le Connecticut. La jeune femme envisage d'abord de se consacrer au journalisme. Elle va à New York à cette fin, tournant d'abord dans des publicités pour soutenir ses études. Peu avant la fin de son cursus, elle finit pourtant par accepter les offres qui affluent et devient actrice. Elle apparaît d'abord dans des soap operas (« as the world turns », de 1982 à 1984). Ses débuts au cinéma, elle les fait à 20 ans, dans le rôle d'une adolescente, fille de l'une des héroïnes (Candice Bergen) de
Riches et célèbres en 1981, déjà un remake de
George Cukor, comme
The Women.
Après quelques apparitions, assez anecdotiques (dans Amityville 3D), Ryan s'associe au grand succès de
Top Gun en 1986, dans un second rôle énergique et sympathique, celui de la femme de « Goose », coéquipier du fameux pilote « Maverick » incarné par Tom Cruise. Lorsque Meg apparaît dans ce blockbuster de Tony Scott, elle apporte sa petite étincelle de spontanéité et de charme. On sent déjà en elle ce naturel qui fera sa fortune. En 1987, elle rencontre
Dennis Quaid dans
l'Aventure intérieure de
Joe Dante, où elle est de nouveau la fiancée d'une tête brûlée, un pilote miniaturisé et injecté dans le corps d'un hypocondriaque. Encore une fois, on sent chez l'actrice cette légèreté et cette grâce rappelant les comédies romantiques de l'âge classique hollywoodien. Il faudra cependant encore un peu de temps pour qu'elle s'impose dans ce registre. Elle suit la descente aux enfers du même
Dennis Quaid dans
Mort à l'arrivée. Il s'agit du remake d'un film de 1950, l'alchimie entre les deux acteurs (longtemps couple à la ville) fait merveille.
C'est en 1989 qu'arrive le rôle qui impose
Meg Ryan à tous les regards dans
Quand Harry rencontre Sally de
Rob Reiner. Extrêmement bien écrit par Nora Ephron (rappelant les meilleurs moments de
Woody Allen), le film suit une structure classique, un homme et une femme se croisent à différentes époques : ils ne peuvent d'abord pas se souffrir, deviennent amis proches quelques années plus tard, avant de tomber éperdument amoureux l'un de l'autre. Mais il y a là de l'ironie, de la dérision que l'on doit à un couple principal en symbiose totale (
Billy Crystal y trouve sans doute son meilleur rôle). A mille lieues de la bluette attendue, l'oeuvre est pleine d'esprit et d'inventivité, avec une scène d'anthologie : lorsque dans un restaurant bondé, Meg montre à son partenaire médusé comment les femmes simulent l'orgasme. Une manière originale d'entrer dans l'histoire du cinéma !