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Merci Claude Berri [page 1]

Par Gilles Botineau - publié le 06 mars 2009 à 12h00 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 21h07 - 0 commentaire(s)
Né le 1er Juillet 1934 à Paris, Claude Berri, de son vrai nom Claude Berel Langmann, vient de nous quitter à l'âge de 74 ans, des suites d'un accident vasculaire cérébral.
Il était, aux côtés de Christian Fechner et d'Alain Poiré, l'un des plus grands producteurs du cinéma français. Bien plus encore, il était un auteur et un metteur en scène inspiré, un véritable passionné d'Art. Tous, parmi les meilleurs, accepteront de travailler à ses côtés, qu'ils soient acteurs, scénaristes, techniciens ou bien réalisateurs.

UN AUTEUR A PART ENTIERE



Après une série de courts métrages, il passe dès l'année 1966 au format long, en signant Le vieil homme et l'enfant, où il obtient une chance inouïe, celle de diriger l'un des plus grands comédiens de l'époque, Michel Simon. Immense succès populaire (près de trois millions de spectateurs), Le vieil homme et l'enfant permet surtout à l'auteur/cinéaste d'imposer sa marque de fabrique : ses films seront pour la plupart, et en grande partie, autobiographiques. Berri en sera d'ailleurs régulièrement l'acteur principal, notamment dans Sex-shop, Le cinéma de papa, qui restera comme l'une des plus belles déclarations que l'on puisse faire au Septième Art, Le mâle du Siècle, et plus récemment La débandade. Sa jeunesse, sa relation avec son père, avec les femmes, son service militaire... Il évoque chaque période de sa vie parmi les plus marquantes, entre rires et larmes, nostalgie et dérision, jusqu'à sa propre vieillesse. De véritables bijoux cinématographiques, parmi lesquels nous citerons également Le pistonné, dans lequel Coluche trouve son premier rôle, sans oublier Un moment d'égarement, avec en tête d'affiche Jean-Pierre Marielle, Agnès Soral ou bien encore Victor Lanoux, au centre d'une relation amoureuse à la fois moderne et troublante. Une oeuvre magnifique sur laquelle le Temps ne semble pas avoir d'emprise.

UN CINEASTE AU SERVICE DE LA CULTURE



Mais étonnamment, l'Histoire retiendra surtout ses nombreuses adaptations d'oeuvres littéraires, comme celles écrites par Marcel Pagnol, Jean de Florette et Manon des Sources, où Daniel Auteuil, Yves Montand, Gérard Depardieu et Emmanuelle Béart livrent de formidables performances d'acteurs, unanimement saluées par les critiques, le public et l'ensemble de la profession. Seul bémol à cet enthousiasme général, Coluche, qui regrettera toujours de ne pas avoir été choisi par le cinéaste pour interpréter le rôle d'Ugolin. Néanmoins, Claude Berri lui aura tout de même offert ses meilleurs rôles, avec Le maître d'école (en 1981), et Tchao Pantin, deux ans plus tard, adapté de l'oeuvre d'Alain Page, où le réalisateur réussit à dévoiler une facette inédite de l'humoriste, juste avant sa disparition, et lui offre une confrontation exceptionnelle avec le comédien Richard Anconina. Un très beau film, récompensé par plus de 3,8 millions d'entrées et cinq Césars.


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