Par Nicolas Houguet - publié le 16 décembre 2009 à 05h00 ,
MAJ le 22 décembre 2009 à 01h03 - 0 commentaire(s)

Admettons-le d'entrée, Meryl Streep est probablement la plus grande actrice du monde, citée en exemple avec la même régularité que Marlon Brando chez les hommes. Une artiste de cette trempe échappe d'emblée à l'incongruité d'un classement. Présentons donc ce classe/pas classe comme un hommage à la grande dame et une évocation de ses films les plus importants... En cherchant bien, il y aura bien un « pas classe » !


 


Voyage au bout de l'enfer: Classe ultime
L'une des premières apparitions de Meryl Streep à l'écran se fait dans un chef d'oeuvre, qui pose déjà les bases de sa carrière. Elle est une jeune fille fragile et tourmentée, maltraitée par son père et fiancée à Christopher Walken. Après l'horreur du Vietnam où ce dernier s'est perdu, elle va peu à peu tomber amoureuse de Robert De Niro dans une liaison très tourmentée. Cimino en fait une victime magnifique, de ces compagnes elles aussi brisées par la guerre. Elle donne de la consistance à ce personnage et récolte les récompenses et -déjà- une grande reconnaissance. Pendant le tournage, elle partageait la vie de John Cazale, alors gravement malade et qui allait mourir peu de temps après. Les acteurs sont extraordinaires, la mise en scène parfaite, l'histoire vous hante. On se sent dans l'intimité de ces personnages, vibrant avec eux, partageant leurs épreuves. Bouleversant à tout point de vue.


 


Manhattan: Classe névrosée
Aux premiers temps de sa carrière, l'actrice a eu trop peu d'occasions de laisser libre cours à son autodérision et à la grande fantaisie qu'on lui connait en interview et qui nuance souvent ses compositions graves. Woody Allen fut le premier à lui confier un rôle exploitant cette facette. Dans le rôle de l'ex-épouse revancharde du pauvre héros en crise (comme d'habitude), elle est impitoyable. Il la supplie de renoncer à l'écriture d'un livre sur leur mariage qui l'humilierait (à la suite de cette union, elle est devenue lesbienne). Elle suggère avec justesse et sobriété les névroses et l'instabilité de ce personnage, ainsi que sa rancune.
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