Par La Rédaction - publié le 29 octobre 2007 à 13h01 ,
MAJ le 24 septembre 2009 à 18h24 - 0 commentaire(s)
L.A. Confidential (97), par son classicisme formel, participe à un certain renouveau du genre en se référant aux films noirs des années 40. Cette référence était cependant déjà inscrit dans le roman de James Ellroy duquel est tiré le film, puisque l'auteur a lui même renouvelé le genre littéraire par sa noirceur, sa violence et son choix de situer ses intrigues dans le L.A. mythique des années 40.



En simplifiant la trame narrative du roman (qui se déploie sur plus de dix ans), et en se concentrant par là davantage sur deux des trois personnages, L.A. Confidential se termine presque comme un budy-movie classique, qui associe le flic intellectuel et carriériste à la brute au grand coeur. James Ellroy est d'ailleurs l'auteur du scénario de Dark Blue (03), film qui prend pour contexte les émeutes de Los Angeles de 1992 qui suivirent l'affaire Rodney King. Le film suit le parcours de Bobby Keough, une jeune recrue, qui fait équipe avec Eldon Perry, ripou violent au tempérament explosif qui fait régner la loi d'une manière très personnelle (le film a quelques points communs avec la série The Shield, qui s'inspire elle aussi d'un scandale policier). Ellroy a cependant renié le film du fait de l'adoucissement de son script, et du manichéisme que le studio n'a pu s'empêcher d'y instiller (Perry trouvant une forme de rédemption en s'attaquant à pire que lui). Enfin, Brian De Palma a tourné ces derniers mois l'adaptation du Dahlia Noir d'Ellroy, qui mettra en scène lui aussi un duo de flics de choc (tous deux boxeurs, du moins dans le roman).



Citons enfin Narc (01) de Joe Carnahan, film qui effectue lui aussi une forme de retour aux sources en assumant l'influence des polars réalistes des années 70 dans la veine de French Connection. Prenant pour décor les quartiers les plus délabrés, ravagés par la violence et la drogue, Narc associe un duo de personnages à la psychologie parfaitement crédible (les deux acteurs, Ray Liotta et Jason Patrick, sont parfaits). Une fois de plus, le binôme tente de trouver l'assassin de l'ancien équipier de l'un d'entre eux. L'utilisation de certains stéréotypes (l'assassinat du co-équipier, le nouveau collègue, les antagonismes, ...) ne sert ici qu'à livrer une oeuvre à l'exigence documentaire qui évite tout manichéisme, y compris celui qui consiste à faire du flic "border line" un simple méchant. Au final Carnahan nous livre surtout le portrait de deux hommes qui tentent de surmonter leur détresse et se débattent avec les difficultés d'une profession exposée aux aspects les plus sombres de notre société.

Jean-Sébastien Pilarczyk


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