Los Bastardos,
Cocaïne Cowboys et
Scarface font par exemple des migrations internationales, l’arrière-plan psychologique et culturel qui va induire violence et destruction. Dans une approche similaire, on peut rapprocher la trilogie du
Parrain et tous les films menant en œuvre les triades, les mafias italienne, russe et albanaise de cette vaste thématique. Par l’écho qu’elles lui renvoient autant que par les différences culturelles évidentes sur lesquels ces métrages s’appuient pour faire avancer leur récit. S’inscrivant dans la même veine, les récits d’intégration difficile comme
Rendez-vous à Brick Lane ou Yasmina opèrent la même résonance, remettant au centre, les implications et les conséquences de migrations internationales terminées mais pas abouties.
Et le documentaire n’est pas laissé à l’écart puisqu’il aborde avec régularité ces problématiques. Que ce soit directement avec
Mémoires d’immigrés de Yasmina Benguigui, ou avec
Welcome Europa par exemple, où s’écrit le destin de jeunes réfugiés en partance vers l’Europe ou plus indirectement via
Crossing the bridge où le métissage s’écrit en suivant la trajectoire d’Alexander Hacke.
Par conséquent, les migrations internationales par la diversité de comportements et de conséquences qu’elles impliquent à plus ou moins long terme, sont des clefs essentielles pour comprendre le monde et plus encore le cinéma contemporain en ces heures de mondialisation intensive. De fait, on ne peut faire l’impasse sur ces problématiques et oublier ce que le cinéma leur doit et en retour, apporte à la compréhension de tels phénomènes. En effet, le medium sert ici de miroir mais aussi de caisse de résonance pour nous montrer ce que nous sommes. Et plus principalement cette humanité que nous perdons trop souvent et qui risque pour longtemps encore d’hanter, l’imagination des cinéastes du monde entier par ses trop soudaines disparitions.