1. >
  2. >
  3. >
  4. >Miou-Miou, une femme peut en cacher une autre : Débuts avec les potes

Miou-Miou, une femme peut en cacher une autre : Débuts avec les potes

Par Gilles BOTINEAU - publié le 10 janvier 2010 à 23h49 ,
MAJ le 11 janvier 2010 à 00h07 - 0 commentaire(s)
« Quel est le véritable prénom de Miou-Miou ?
  • - Miou !
  • - Mais non !!
  • - Mi ? Mi Oumiou...»


Ce célèbre sketch des Inconnus restera à jamais gravé dans nos mémoires. Il se moque avec tendresse et sympathie d'une de nos plus grandes actrices, symbole d'une certaine époque, et qui aura réussi à traverser diverses générations sans la moindre entrave. Alternant comédies populaires et films d'auteurs, Miou-Miou a en effet su séduire un public des plus larges. Découverte au début des années 70, elle continue actuellement son petit bonhomme de chemin avec la discrétion, la timidité et en même temps la folie (souvent insoupçonnée) qui lui sont propres, allant parfois jusqu'à accepter les paris les plus inattendus. Dernièrement, on a ainsi pu la voir dans une oeuvre d'une extrême noirceur, Pour un fils, aux côtés d'Olivier Gourmet, avant d'enchaîner avec l'univers déluré de Radu Mihaileanu (Le Concert, plus d'un million de spectateurs, ndlr) et de se retrouver face à l'imperturbable Michel Blanc (ils furent déjà mari et femme dans un film de Bertrand Blier, Tenue de soirée, ndlr) pour Une petite zone de turbulences, réalisé par Alfred Lot, cette semaine sur nos écrans. L'occasion de revenir sur un parcours extraordinaire, d'une richesse inouïe, aussi bien dans les rencontres que dans ses choix généralement qualitatifs. Mais au fait, quel est son véritable prénom ?

 

Une petite zone de turbulences
 
Miou-Miou, de son vrai nom Sylvette Herry, débute au Café de la Gare à la fin des années 60. Elle a alors pour partenaires (mais aussi amis) Henri Guybet, Romain Bouteille, Martin Lamotte, Patrick Dewaere... et surtout Coluche qui lui attribuera ce célèbre surnom. D'abord simple blague entre copains, elle gardera finalement l'idée lors de ses débuts au cinéma, sans savoir qu'un jour elle deviendra célèbre. Un regret ? Peut-être. Quoique, cette appellation aura certainement contribué à l'évolution de sa carrière... Ainsi donc, la jeune comédienne fait ses vrais premiers pas au sein d'un long-métrage en 1971. Ce sera La Cavale, de Michel Mitrani. L'oeuvre ne laissera guère de trace dans l'Histoire du Septième Art. Ceci dit, la situation professionnelle de Miou-Miou se débloque très vite. En 1973, elle apparaît dans cinq films. Et pas des moindres. Elle commence avec Elle court, elle court la banlieue de Gérard Pirès, puis L'An 01 de Jacques Doillon, Alain Resnais et Jean Rouch, enfin, Les Aventures de Rabbi Jacob signé Gérard Oury. Les rôles ne sont certes pas très conséquents, mais elle tourne pour de grands cinéastes et donne la réplique à de prestigieux comédiens (elle interprète par exemple la fille de Louis de Funès dans Rabbi Jacob, Antoinette Pivert). Toutefois, les « potes » ne sont jamais loin. La timide Miou-Miou reste proche de Coluche (dans Elle court, elle court la banlieue) mais aussi d'Henri Guybet. S'il est le chauffeur juif du cruel Victor Pivert, il apparaît aussi la même année sous les traits d'Arsène Cahusac dans l'excellent film réalisé par Georges Lautner et écrit par Jean-Marie Poiré (d'après le roman La nuit des grands chiens malades), Quelques messieurs trop tranquilles. Délire campagnard aujourd'hui hélas presque oublié (avec entre autres Jean Lefèbvre, Michel Galabru, Renée Saint-Cyr, Paul Préboist et André Pousse), ce long-métrage donne enfin à Miou-Miou la possibilité de jouer un personnage plus consistant qu'à l'accoutumée, celui d'une jeune hippie excessivement « peace and love ». Le film est un réel succès et la plupart des retours sont positifs. Tous, sauf un. Celui d'un cinéaste encore peu connu du grand public, un certain Bertrand Blier qui, selon lui, serait le premier à avoir repéré la comédienne. Il lui aurait alors proposé le scénario de son prochain long, Les Valseuses, sans savoir qu'un autre avait d'ores et déjà mis la main sur elle. Bien que jaloux de Georges Lautner, Blier ne reviendra pas sur sa décision et conservera le casting initialement prévu, alors constitué de Gérard Depardieu, Patrick Dewaere et Miou-Miou, pour son troisième film qui sortira l'année suivante, c'est-à-dire en 1974. A l'arrivée, l'oeuvre attire cinq millions de spectateurs. Plus qu'un triomphe, une révolution. Le cinéma français n'avait jamais connu de tel engouement pour un film aussi peu attendu. A la fois cynique, poétique et inventif, Les Valseuses devint rapidement culte et se présente encore aujourd'hui comme le témoignage d'une époque où la liberté et l'anticonformisme avaient un véritable sens face à la petite bourgeoisie. Incontournable.
 
Désormais, la carrière de ces trois comédiens, Miou-Miou en tête, est lancée.
Vos réactions


logAudience