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Moi, Moche et Méchant : les studios et les réalisateurs s'animent

Par Anne Louise ECHEVIN - publié le 05 octobre 2010 à 09h00 ,
MAJ le 05 octobre 2010 à 09h11 - 0 commentaire(s)

Aujourd'hui, lorsque l'on pense animation, les premiers noms qui viennent à l'esprit sont ceux de Disney, la firme à Mickey ayant longtemps dominé ce genre cinématographique, et continuant d'y régner en maître grâce à sa filiale à la lampe, Pixar. Ou alors Dreamworks qui, avec ses Shrek et autres Madagascar, s'impose comme leur principal opposant dans ce domaine. Mais il n'y a pas que Pixar ou Dreamworks dans la vie, même si ces deux-là font un excellent travail.

 

L'animation cinématographique est l'un des genres parmi les plus riches et les plus inventifs du moment, avec des œuvres parfois plus confidentielles, ou au contraire au succès public étonnant, ne sortant pas toujours des grandes firmes. Il s'agit d'un milieu ou la bataille fait rage, les grands studios comme Sony ou Universal souhaitant aussi avoir leur mot à dire. L'animation se place comme un genre cinématographique à part, d'une richesse et d'une densité extrême, et capable de faire siennes toutes les dernières nouveautés technologiques. A l'occasion de la sortie de Moi, moche et méchant, petit tour d'horizon de certains de ces challengers, qui ont parfois tout pour devenir grand. 
 

 

Moi, moche et méchant de Chris Renaud et Pierre Coffin


Les Majors dans la danse
 
 
Avec Moi, Moche et Méchant, le studio Universal met le paquet pour tenter de s'imposer sur un marché dominé par Pixar et Dreamworks. Et ne brille pas forcément par une grande originalité, mais reprend une recette qui marche bien : image de synthèse pour une histoire regroupant action, humour et émotion. Le tout, bien entendu, en 3D. Toutefois, si Universal distribue le film, il faut aussi souligner que le studio a « sous-traité » la fabrication de ce dernier, la confiant à deux jeunes réalisateurs français : Chris Renaud et Pierre Coffin. Ces jeunes réalisateurs et leurs sociétés sont toutefois pourvoyeuses des futurs talents de demain, et à suivre avec la plus grande attention. A noter par ailleurs que l'un des producteurs du film, Christopher Melandri, s'est fait connaître avec un autre gros succès de l'animation, succès quelque peu surprise s'il en est, le film ne dépendant pas des grosses machines hollywoodiennes : L'Age de Glace, devenu, suite à sa réussite, une trilogie culte. Un succès d'autant plus intéressant qu'il couronnait une œuvre « modeste » (par rapport aux dessins animés de Pixar ou Dreamworks), et qui a frappé par son humour détonnant et décapant, ses personnages originaux, et une histoire ayant la capacité de plaire aussi bien aux petits qu'aux grands.
 
Autre Major à s'être lancée dans la bataille : Sony, qui, après quelques essais plus ou moins convaincants, a étonné avec Tempête de boulettes géantes, sachant pour la première fois trouver un juste milieu entre scénario et technique. Pourvu que cela dure... Côté français, on signalera qu'EuropaCorp, la société de Luc Besson, s'est aussi investie dans l'animation avec les aventures d'Arthur et les Minimoys. Avec monsieur Besson derrière la caméra... Car l'animation est devenu le nouveau domaine à conquérir des réalisateurs... 

 

 

La Légende des gardiens / Ga'Hoole - Zack Snyder


Le nouveau moyen d'expression des réalisateurs ?
 
Il est amusant de constater que de plus en plus de réalisateurs bien connus du grand public se lancent avec ambition dans l'animation. On pense bien entendu à Robert Zemeckis, le papa de Forrest Gump, qui s'est depuis bien dévoué aux films animés, y trouvant là la possibilité de développer et d'inventer de nouvelles techniques cinématographiques, comme dans Le Pôle Express ou Le Drôle de Noël de Scrooge. On pense à Tim Burton, réalisateur de l'excellent Les Noces funèbres, mais qui avait déjà bien marqué de son empreinte l'animation dans les années 90, en collaborant avec Henry Selick pour L'Etrange Noël de Mr Jack. Tim Burton qui a aussi produit le Numéro 9, de Shane Acker. Et si le réalisateur n'est pas derrière la caméra pour la plupart de ces films, il produit là des œuvres qui lui ressemblent bigrement. Il faut dire que son univers déjanté et son esprit alambiqué donnent à son cinéma un véritable potentiel dans le domaine de l'animation, où tout est à, et peut être, créer.
 
Depuis, la fièvre s'est emparée des réalisateurs, qui semblent se faire un devoir de se lancer dans l'aventure animée. Ainsi, Zack Snyder, au style visuel très particulier, aussi bien admiré que décrié, pourrait trouver une apothéose avec Le Royaume de Ga'Hoole, dont les premières images sont sacrément chouettes. Et, s'il s'agit plus d'un film pour enfant, l'ami Snyder ne semble pas pour autant avoir renoncé à sa patte visuelle. De même, Wes Anderson a surpris en signant Fantastic Mister Fox, un dessin animé bien particulier, mais toujours inscrit dans la lignée de son cinéma. Il faut croire que l'animation devienne un domaine d'expression aux limites encore inconnues pour les réalisateurs... Car c'est l'un des genres cinématographiques qui subit des progrès et développements techniques parmi les plus hallucinants. Et qui offre des possibilités de renouveaux et d'expériences inédites.
 

 

 

wallace_et_gromit_51


Les « autres » animations...
 
Si les deux références restent le dessin animé « traditionnel » à la Disney et ceux en image de synthèse développé par Pixar ou Dreamworks, l'animation est un genre qui permet de donner naissance à de nombreuses autres techniques
 
Henry Selick est l'un des très grands réalisateurs, qui s'éloigne de l'animation traditionnelle en utilisant la stop motion, aussi appelée l'animation image par image. Pour un résultat assez extraordinaire : regardez L'Etrange Noël de Mr. Jack ou Coraline. Les films d'Henry Selick, outre leur qualité technique hallucinante, sont aussi hautement marqués par l'univers de leur réalisateur, adepte du conte noir, à la poésie effrayante.
 
Autres films à utiliser la technique de la stop motion : les Wallace et Gromit et autres Chicken Run. Ceux-ci ont de particulier de réaliser des films d'animations en utilisant la pâte à modeler pour donner naissance à leur personnage et à l'univers dépeint. Dans cette lignée, on ne pourrait d'ailleurs que vous conseillez de découvrir le formidable Mary et Max, réalisé par Adam Elliot, et qui est l'une des petites perles du genre...


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