Par La Rédaction - publié le 29 mars 2008 à 13h03 ,
MAJ le 25 septembre 2009 à 13h54 - 0 commentaire(s)
LES CHRONIQUES DE SPIDERWICK On craignait le pire... Des trolls, des farfadets, des ogres, une maison héritée d’une vieille tante sénile, tous les éléments étaient réunis pour le petit film familial sans grande ambition, mou du genou, pas franchement emballant et carrément rasoir. Bref, le tout ressemblait à Arthur et les Minimoys en moins bien (déjà que...). Mais voilà, force est de constater que nous tenons avec Les Chroniques de Spiderwick le meilleur film d’aventures pour enfants depuis belle lurette. C’est bien simple, c’est tout simplement excellent... Rythme, imagination, mise en scène inspirée, comédiens enthousiastes et intelligence sont donc au coeur de cette réussite qui réjouira les bambins et tous ceux qui ont gardé leur âme d’enfant. La bonne surprise du mois...

(c) KEVIN DUTOT
LES CHRONIQUES DE SPIDERWICK
Un film de Mark Waters
Avec Freddie Highmore, Sarah Bolger, Mary-Louise Parker, Nick Nolte, David Strathairn
Durée : 1h36
Date de sortie : 16 Avril 2008


Après son divorce, Helen Grace a dû quitter New York avec ses jumeaux, Jared et Simon, et sa fille, Mallory, pour trouver refuge dans l'ancienne résidence de son grand-oncle, l'éminent naturaliste Arthur Spiderwick. Une nouvelle vie commence pour les Grace dans cette bâtisse isolée, un rien sinistre, où les trois enfants ne tardent pas à faire d'étranges rencontres. Après avoir mis à jour la cachette d'un espiègle farfadet, Jared découvre au grenier un somptueux ouvrage, rédigé par Arthur Spiderwick et orné d'illustrations d'animaux fantastiques de toutes espèces : Le Guide Arthur Spiderwick du monde merveilleux qui vous entoure. Bravant les avertissements solennels de son ancêtre, Jared ouvre le précieux livre, qui lui dévoile un univers merveilleux, peuplé de gobelins, de fées, de trolls, de sylphes délicats, d'oiseaux exotiques et de porcins voraces...


Ceux qui ont entendu parler de Spiderwick il y a quelques mois et qui n’ont jamais ouvert le bouquin de leur vie se sont dit : « tiens, encore un Thérabithia, issu de Narnia, soeur de La terre du Milieu... ». Encore des noms d’arbres mythologiques à retenir, des créatures aux appellations plus perchées tu meurs et des enfants qui font tout ce qu’on leur a formellement interdit de faire. Alors oui, effectivement, il y a un peu de ça... Mais la force de ce long-métrage féerique ne réside pas réellement dans sa capacité à créer un nouvel univers mais dans son approche originale de ce dernier. Le trio d’adolescents, confronté à une armée de petits gobelins salement féroces et prêts à croquer de la chair, se ligue très rapidement. Au bout de vingt minutes, tout le monde est au parfum. Ainsi, pas besoin d’user de stratagèmes pour convaincre la grande soeur qu’un monde peuplé de créatures étranges vit dans le bois voisin, elle le découvre par elle-même assez vite. Et c’est donc avec un vrai plaisir que nous plongeons avec eux dans une guerre sans merci rappelant les grandes histoires que nous inventions lorsque nous étions gosses... Freddie Highmore, qui interprète avec justesse les rôles des jumeaux, est donc accompagné de sa soeur pour mettre un terme au terrible rêgne de l’ogre qui terrrorise la forêt. Ce dernier, qui prend une forme différente à chaque apparition, projection de plusieurs peurs enfantines, symbolise intelligement l’absence d’un père irresponsable et concrétise la lutte du bien contre le mal à l’âge de l’adolescence. Car Spiderwick ne brasse pas que de l’air et se permet un discours modeste mais habile sur les déchirures familiales et le passage à l’âge adulte. A l’instar de la Vue qui permet de voir les créatures maléfiques qui nous entoure et que l’on pourrait apparenter à la perte de l’innocence, les éléments fantastiques du film servent constamment un propos, une réflexion étonnante sur l’enfance...


Mais au-delà de toutes ces considérations, il faut également noter que nous avons affaire à un excellent film d’aventure, au rythme tenu de bout en bout, débordant d’imagination et d’ingénieuses idées de mise en scène. Il fallait une certaine magie dans la réalisation, un degré de candeur élevé pour mettre en scène des enfants se battant à l’aide de sauce tomate et de gros sel... Ainsi, Mark Waters réussit son pari et emballe son film avec classe et élégance, réserve deux ou trois séquences véritablement émouvantes, une virée dans les airs n’ayant rien à envier à Harry Potter et un bestiaire bien présent sans pour autant être prédominant. Bref, tout ce petit monde semble s’être mis d’accord pour nous servir un spectacle de qualité... Tout le monde sauf James Horner qui, en petit peu paresseux, reprend note par note sa composition du Casper de Brad Silberling ! Heureusement pour lui, le thème était de très belle facture et c’est avec joie que l’on retrouve ce morceau au piano qui offre à Spiderwick un autre degré d’onirisme...


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