BRONSONUn film de Nicolas Winding Refn
Avec Tom Hardy, Amanda Burton, Matt King, Terry Stone, Hugh Ross, Matt Legg
Durée : 1h32
Depuis le début de sa carrière, Nicolas Winding Refn s’intéresse à des protagonistes qui veulent s’affranchir de leur environnement. Chez lui, deux extrêmes s’opposent : soit les personnages se laissent anéantir par une force aussi invisible qu’aliénante (
Inside Job) ; soit ils se vengent de manière radicale pour survivre (
Pusher 2). Selon son propre aveu, son parcours de cinéphile suit le même principe : il aime autant le cinéma trash des années 70 que les comédies romantiques Hollywoodiennes, le nihilisme que le rose bonbon, le coup de poing que la camomille, mais pas les zones intermédiaires.
Bronson descend de la veine sale de
Pusher où un Sisyphe cherche son identité dans un monde dépressif, proche de Alan Clarke et Lindsay Anderson. En surface, ça ressemble à un remake déglingué de
Orange Mécanique jusque dans la construction bipartite du scénario. Dans un premier temps, il retranscrit de manière subjective ce qui se passe dans la tête de Bronson en suggérant que l’oppression carcérale agit comme un refuge mental. Ensuite, il le confronte au monde extérieur en plaquant le regard que ceux qui le croisent portent sur lui. En profondeur, la mécanique est plus complexe, déployée de manière fluide, en un cheminement de visions implacables.
LA CRITIQUE