SEMI PRO(c) STANISLAS BERNARD
Réalisé par Kent Alterman
Avec Will Ferrell, Woody Harrelson, André Benjamin
Durée : 1h30
Date de sortie : 14 mai 2008En 1976, la ABA, ligue mineure de basket, va se voir absorber par la puissante NBA. Seule les quatre meilleures équipes répondant aux critères seront retenues. Jackie Moon, propriétaire et joueur vedette des Tropics de Flint dans le Michigan, va devoir tout faire pour assurer la survie de son équipe.Le film sportif est un l’un des genres les plus représentés au cinéma, que ce soit au travers de biopic, comme l’immense
Ali de Michael Mann, ou des films « sérieux » comme L’enfer du Dimanche d’Oliver Stone. La comédie s’empare facilement de ce genre ultra codifié pour mieux en détourner les clichés pour nous faire rire. En attendant le sympathique
Jeux de Dupes de Georges Clooney, ou Balls of Fury sur le ping-pong avec un Christopher Walken plus en roue libre que jamais (Tony Scott doit être vert de jalousie), Will Ferrell revient après Talladega Nights et Blades of Glory, une troisième fois dans la peau d’un « champion » plutôt exubérant. Cette fois-ci notre grand débile préféré incarne Jackie Moon, propriétaire, entraîneur et joueur de l’équipe des Tropics de Flint, ayant fait sa maigre fortune grâce à un tube disco en 1970. D’ailleurs, tout comme dans Présentateur Vedette : La légende de Ron Burgundy,
Semi Pro joue à fond sur les seventies, avec les tenues délirantes de Will Ferrell et de ses coéquipiers, le tout rythmé par des tubes disco et funk à tout bout de champ.
Semi Pro a tout pour lui, un acteur principal à la puissance comique immense qui n’est plus à prouver et un genre au potentiel déjà balisé. Mais malheureusement Ferrell et son équipe ne réussissent pas l’exploit de Talladega Nights. Certes le comique est toujours le meilleur quand il s’agit de jouer avec son corps pas des plus gracieux et d’envoyer certaines des répliques les plus stupides de tous les temps, mais le film n’offre rien d‘autre à côté. Tout le ressort comique du film est basé sur le personnage de Ferrell, de ses extravagances sur le terrain de basket et lors des spectacles qu’il organise à la mi-temps. À ce titre le combat contre Dewie l’ours catcheur est l’un des meilleurs moments du film.

Ce qui faisait la force de Anchorman ou Talladega Nights, c’est son casting de seconds rôles déjantés soutenant la star principale et fournissant à leur tour des situations comiques variées. Ici André Benjamin ou Woody Harrelson ne sont pas traités de façon comique et semblent tout droit sortis d’une version sérieuse du scénario. Les deux acteurs ne rivalisent pas un centième de seconde avec Steve Carrell ou Paul Rudd de
Présentateur Vedette… ou bien John C. Reilly et Sacha Baron Coen dans Talladega Nights. Dans
Semi Pro Will Ferrell semble se démener tout seul à l’écran dans des tenues ridicules pour faire marrer le spectateur. Il y arrive plutôt bien, malgré un scénario paresseux et prévisible, manquant de rythme et n’étoffant pas une seule fois son personnage principal. Seul Woody Harrelson se voit honoré d’une romance plus que survolée et inutile. Une nouvelle fois on ne peut s’empêcher de comparer cela avec les précédents films du genre de Will Ferrell, Talladega Nights en tête, maître étalon du genre ou bien encore avec le délirant
Dodgeball.
Et la comparaison ne tourne pas en la faveur de
Semi Pro à qui il manque un scénario plus étoffé et un brin de folie pour pouvoir atteindre les sommets comiques parcourus par Will Ferrell précédemment. Reste que l’on passe malgré tout un bon moment grâce à quelques scènes bien emmenées, comme la partie de poker qui dégénère ou bien le match final dans lequel Jackie Moon révolutionne le basket, à défaut de ce genre cinématographique.